Un cri pour le respect de la vie du plus faible

L'auteur rappelle que la route n'appartient pas seulement... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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L'auteur rappelle que la route n'appartient pas seulement aux automobilistes.

Photo Yan Doublet, Le Soleil

Mario Grenier

Cycliste navetteur, Longueuil

Québec consulte en ce moment tous les groupes intéressés par la réforme du Code de la sécurité routière. Plusieurs ont déposé leurs propositions ces derniers jours, dont Vélo Québec et la Coalition vélo de Montréal conjointement avec le regroupement Une porte, une vie.

Cette réforme est notamment nécessaire pour tenir compte du nombre sans cesse croissant de personnes qui utilisent leur bicyclette pour se déplacer en ville et rester en forme en roulant sur les routes du Québec.

Je dis un phénomène nouveau, même si la main basse de l'auto sur les rues ne date que d'une soixantaine d'années. Auparavant, le vélo y avait aussi sa place. On trouve même des cartes de la fin du XIXe siècle qui montrent Montréal tapissé de voies cyclables. Quand on l'analyse, ce partage de la route n'est rien d'autre qu'un cri pour qu'on respecte la vie.

Cycliste n'est pas un statut permanent; c'est un état le temps d'un déplacement.

C'est Valérie - mais tout le monde dit Val - l'infirmière auxiliaire qui met un sourire dans le visage de votre mère quand elle entre dans sa chambre au CHSLD.

C'est Alexandre, le prof d'éduc de votre fils, celui qui lui a montré à mieux dribbler avec un ballon de basket.

C'est Denis, un de vos copains du secondaire, à qui la vie a sacré trois coups de poing dans le ventre et un autre dans la face et qui, incapable de se relever, roule avec 10 sacs de plastique blancs sur les poignées d'un hybride déglingué au centre-ville.

C'est William, 15 ans, who goes to high school on his bike and has a part-time job at the grocery store.

C'est Alice, quatre ans et deux tiers, qui roule à côté de son papa sur son vélo avec les petites roues d'en arrière sur le trottoir et qui doit traverser des intersections.

Certains disent qu'ils seront prêts à partager la route le jour où tous les cyclistes feront leur «stop» et ne rouleront pas sur le trottoir. Prétextant le fait qu'ils paient immatriculations et permis pour s'arroger le titre de propriétaire de la route, ils ignorent que nous payons tous pour tout: écoles, hôpitaux, garderies et routes par le biais des impôts et des taxes que nous versons à Québec, Ottawa et à nos municipalités, sans compter qu'avec plus de 5 millions de permis de conduire en circulation, bon nombre de cyclistes sont aussi propriétaires d'une automobile.

La route est à tous, tout comme le sont les écoles, hôpitaux et garderies. Pas plus, pas moins. Sommes-nous capables de reconnaître qu'il nous revient de prendre soin de tous, surtout les plus vulnérables?

Partager la route, c'est laisser de la place, faire attention de ne pas mettre leur vie en danger, quitte à arriver à destination 30 secondes plus tard. Votre temps est-il plus précieux que la vie de Val, Alexandre, Denis, William et Alice? Est-ce vraiment trop demander?




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