La ruée vers l'est

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Avec l'arrivée toute récente du nouveau Boeing 787 Dreamliner à la flotte d'Air Canada, la compagnie n'a plus de prétexte pour tourner le dos à l'idée de relier Montréal à l'Asie, soutient l'étudiant en génie civil Hadrien Ravary-Berger.

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Hadrien Ravary-Berger

Étudiant en génie civil à l'École Polytechnique.

Les voyageurs québécois faisant l'escale obligée à Toronto ou dans une grande ville des États-Unis pour se rendre en Asie le savent: des liaisons aériennes directes vers l'Orient au départ de Montréal ne génèreraient que des avantages pour le Québec.

Outre les économies de temps pour les voyageurs, les retombées économiques de nouvelles liaisons seraient substantielles pour les deux villes reliées, et permettraient d'accéder à de nouveaux marchés en facilitant les déplacements de part et d'autre.

En novembre 2012, Air Canada annonçait en grande pompe «sa plus grande expansion internationale», incluant l'ajout de nombreux vols supplémentaires vers Beijing au départ de Toronto et Vancouver, ainsi que vers Tokyo au départ de Calgary à partir de juin 2013. À Montréal: toujours aucune liaison directe avec l'Asie. Pas surprenant que la ligne Montréal-Toronto soit l'une des plus achalandées en Amérique du Nord : Air Canada a choisi de rendre l'aéroport de la métropole québécoise dépendant à celui de la Ville Reine.

Avec l'arrivée toute récente du nouveau Boeing 787 Dreamliner à la flotte d'Air Canada, la compagnie n'a plus de prétexte pour tourner le dos à l'idée de relier Montréal à l'Asie. En effet, contrairement à Airbus qui a développé plus récemment de très gros porteurs - comme l'A380 - qui sont plus adaptés aux grandes plaques tournantes («hubs»), Boeing a construit ce long-courrier conçu pour accueillir une moyenne de seulement 250 passagers. C'est donc l'appareil adapté pour des liaisons aériennes de grande portée et dont la demande n'est pas démesurée.

Attirer les Asiatiques

Air Canada ne désirant visiblement pas développer le marché des vols directs vers l'Asie au départ de Montréal, pourquoi ne pas attirer les compagnies asiatiques à s'imposer dans le marché montréalais? Pour une compagnie aérienne, ajouter une liaison directe à sa plaque tournante constitue un moyen d'augmenter l'affluence sur l'ensemble de ses vols. Des compagnies comme Qatar Airways l'ont bien compris: pour une population d'à peine plus de deux millions de personnes, la compagnie aérienne nationale du Qatar a transporté plus de 18 millions de passagers durant la dernière année. Sa plaque tournante de Doha, à l'intersection de l'Europe et de l'Asie centrale, est le lieu de transit de tous ses passagers.

En choisissant d'atterrir trois fois par semaine à l'aéroport de Montréal depuis juin 2011, Qatar Airways s'impose au Québec comme un choix avantageux en proposant des liaisons à une seule correspondance vers plusieurs destinations au Moyen-Orient et en Asie centrale, notamment. Pour preuve, seulement cinq mois après l'établissement de la nouvelle ligne Montréal-Doha, Qatar Airways en augmentait la capacité de près de 30 %, en troquant les appareils utilisés pour des plus grands.

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La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre doit poursuivre les démarches entreprises par son prédécesseur Jean-François Lisée pour attirer des compagnies aériennes asiatiques au Québec.

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À l'instar de Qatar Airways, des compagnies aériennes comme Japan Airlines ou China Eastern auraient tout à gagner à atterrir ici: l'établissement d'une liaison supplémentaire avec leur plaque tournante, augmentant ainsi l'achalandage sur l'ensemble de leurs vols; et l'entrée sur le marché montréalais du vol direct vers l'Asie, pour le moment exempt de toute concurrence. Pour les Montréalais: l'avantage d'un seul vol pour atterrir en Orient et, au besoin, un second, plus court que le premier, pour poursuivre leur chemin plus loin, en Asie du Sud-Est par exemple.

La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre doit poursuivre les démarches entreprises par son prédécesseur Jean-François Lisée pour attirer des compagnies aériennes asiatiques au Québec.

Si la communauté d'affaires montréalaise, son maire, le gouvernement du Québec et Aéroports de Montréal travaillaient de concert à attirer des compagnies asiatiques, peut-être qu'Air Canada prendrait plus au sérieux la nécessité d'établir des liaisons directes vers l'Asie, plutôt que de se faire devancer par la concurrence. En attendant, espérons que d'autres entreprises, tout comme Qatar Airways depuis 2011, choisiront de se poser sur les pistes de l'aéroport de Montréal très bientôt.

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