La liberté par la langue

Aujourd'hui, on se retrouve avec des universitaires et... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Aujourd'hui, on se retrouve avec des universitaires et des professeurs qui ne savent pas écrire correctement en français et des gens qui ne savent qu'écrire approximativement sur le clavier de leur téléphone «intelligent».

Photo: Bernard Brault, La Presse

Jean Thivierge

L'auteur est retraité. Il réside à Québec.

J'ai deux enfants, un garçon de bientôt 24 ans et une fille de 21 ans. Ma femme (enseignante au collégial) et moi (ex-journaliste), nous nous sommes toujours fortement impliqués dans l'éducation de nos enfants. Nous pensions que l'école formait et que nous, les parents, devions éduquer nos enfants. Leur inculquer des valeurs. La justice, le respect des autres, le respect de l'environnement, la solidarité sociale, le goût de l'excellence, l'expression claire de leurs idées et surtout défendre leurs idées et développer des arguments pour ce faire.

À travers tout ça, on leur a surtout dit qu'ils devaient être libres et autonomes pour que personne ne leur impose des choix avec lesquels ils ne seraient pas d'accord. Les écoles publiques qu'ils ont fréquentées les ont assez bien formés. Toutefois, nous avons eu très tôt des doutes sur la qualité du français qu'on leur enseignait. Nous leur avons fait faire des dictées, car il n'était pas dit que nos enfants ne sauraient pas bien s'exprimer, lire et écrire correctement. Nous pensions que c'était ça le rôle des parents. Et je répétais inlassablement à mes enfants que «ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément».

Aujourd'hui, mes enfants savent s'exprimer. Nous avons souvent des désaccords, mais ils défendent leurs idées comme nous défendons les nôtres et ils savent aussi écrire correctement. Nous pensions et nous pensons toujours que les parents ont une responsabilité dont ils ne peuvent pas se débarrasser en pensant que l'école va le faire à leur place.

Aujourd'hui, on se retrouve avec des universitaires et des professeurs qui ne savent pas écrire correctement en français (Comment enseigner quand on a du mal à écrire?, 14 mai), et des gens qui ne savent qu'écrire approximativement sur le clavier de leur téléphone «intelligent». Le résultat net: des gens qui vont prendre les commandes de notre société ne sont pas capables de développer des idées claires et encore moins de les exprimer clairement.

Dans une population prise avec ce genre de situation, les idées simplistes prennent le dessus sur toute réflexion et le monde devient un terreau fertile où seuls ceux qui savent et qui sont capables d'exprimer des idées, même les plus idiotes, vont pouvoir accaparer le pouvoir et convaincre les analphabètes d'obéir à leurs ordres.

Nous comptons au Québec actuellement une forte proportion d'analphabètes fonctionnels, capables de lire les panneaux de circulation, écrire un texto, à peine un article de 200 mots, mais incapables d'exprimer clairement leurs idées et obligés de reprendre celles des autres parce que c'est plus simple. Je ne méprise pas ces gens-là. Ils sont comme moi, juste des Québécois. Je voudrais seulement qu'ils soient libres et autonomes pour qu'ils puissent prendre les bonnes décisions.




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