Le pétrole dont personne ne parle

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Nombreux sont ceux qui voient dans le potentiel pétrolier d'Anticosti l'occasion inespérée de mettre enfin un terme au déséquilibre budgétaire structurel du Québec.

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Philippe Bourke

L'auteur est directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ).

Après Gaspé et Old Harry, c'est le potentiel pétrolier d'Anticosti qui fait régulièrement les manchettes. Retenons certains des points communs de ces gisements.

- Ils sont tous trois situés dans le fragile écosystème du golfe du Saint-Laurent.

- Le volume de pétrole exploitable et le potentiel de rentabilité sont inconnus.

- Leur exploitation n'aura pas d'incidence sur le coût de notre plein d'essence.

Nombreux sont ceux qui espèrent que le Québec ira de l'avant avec l'exploitation de ces gisements potentiels, y voyant l'occasion inespérée de mettre enfin un terme au déséquilibre budgétaire structurel du Québec.

Ce déséquilibre est un problème beaucoup trop sérieux et immédiat pour qu'on se contente d'espérer qu'un jour, peut-être, il se réglera grâce à une solution aussi risquée et incertaine. De plus, cela a le défaut de nécessiter des investissements importants pour une activité dont la fin est déjà annoncée.

Il existe une source de pétrole qui pourrait, elle, nous permettre de commencer dès maintenant à mettre de l'ordre dans les finances publiques québécoises, en plus de contribuer à alléger le fardeau financier des contribuables. Ce gisement, c'est le pétrole que nous utilisons chaque jour, et qui est gaspillé dans des modes de transport et d'occupation du territoire coûteux et inefficaces.

Les deux premiers postes d'importation au Québec sont le pétrole et les voitures. À elles seules, les importations de pétrole ont creusé de 14 milliards le déficit commercial du Québec l'an dernier, soit deux fois plus qu'il y a 10 ans (CEEQ, 2014).

Par ailleurs, le transport représente 20% des dépenses des ménages (Statistique Canada, 2012). Autrement dit, les Québécois dépensent plus de 35 milliards par an pour le transport (essentiellement automobile), soit davantage que pour leur système de santé (ISQ, 2013).

Si nous nous attaquions à réduire notre consommation de pétrole, notamment par des moyens structurants et intelligents en matière de mobilité et d'aménagement du territoire, non seulement nous aurions dès maintenant plus d'argent dans nos poches, mais plus de capitaux seraient disponibles pour stimuler l'économie de toutes les régions du Québec.

En plus de ses bénéfices économiques considérables, une telle stratégie serait profitable pour notre santé et notre environnement, puisqu'elle réduirait la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre.

Le Québec a la chance de posséder des sources d'énergie renouvelables abondantes, mais aussi des technologies et un savoir-faire considérables en matière d'économie d'énergie, d'efficacité énergétique, de transport durable et d'aménagement du territoire.

Qu'attendons-nous pour nous mobiliser et pour investir ensemble dans «l'exploitation» de ce gisement truffé d'occasions pour le Québec?




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