Hausse du salaire minimum : plus qu'une perte de temps

La hausse du salaire minimum n'est pas une perte de temps en termes de lutte à... (Photo archives Bloomberg)

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Jean-Philippe Martin

L'auteur est bachelier en socio-économie.

La hausse du salaire minimum n'est pas une perte de temps en termes de lutte à la pauvreté. J'aime bien les théories économiques, mais elles ont la fâcheuse habitude d'occulter la réalité.

Bien sûr, 0,20$ de l'heure de plus pour les travailleurs au salaire minimum ce n'est pas la panacée, ce n'est pas ça qui va les sortir du trou. Mais ce n'est pas non plus comme si ces 0,20$ venaient d'un seul employeur, de ce côté-là aussi la hausse est largement dilué et ne saurait être la catastrophe annoncée.

Mais ces hausses servent-elles réellement la réduction de la pauvreté et la distribution de la richesse? Le salaire minimum est passé de 6,90$/h à 10,35$/h depuis l'an 2000, mais n'a d'effet que sur peu de travailleurs - 350 000 tout au plus. Et bien calculons: cela fait 3,45$/h de plus pour une durée moyenne de travail de 20h/semaine par exemple (ce ne sont pas de gros emplois) multiplié par 350 000 travailleurs...

Les employeurs versent donc un peu plus de 24 millions de dollars chaque semaine à leurs petits salariés par rapport à l'an 2000. C'est 1,2 milliard de dollars annuellement! De l'argent qui est réinjecté directement dans l'économie, puisque contrairement aux hauts salariés, les petits salariés dépenseront 100% de leurs gains supplémentaires localement, plutôt que de les placer à l'étranger.

Vous croyez que 1,2 milliard, c'est beaucoup? N'oubliez pas qu'il s'agit de la somme des augmentations du salaire minimum accumulées entre entre 2000 et 2014. La hausse pour cette année est de seulement 0,20$ (soit environ 70 millions pour l'ensemble des 350 000 travailleurs) alors que le PIB a augmenté d'environ 1,2% en 2013, soit de 4,2 milliards de dollars. Les travailleurs au salaire minimum empocheront donc un très maigre 1,7% des gains.

Mais ces gains, si modestes soient-ils, permettent année après année aux petits travailleurs de recevoir un peu plus. Car il faut bien être conscient que si l'on attend que les entreprises haussent elles-mêmes le salaire des travailleurs, l'écart entre les riches et les pauvres serait sans contredit bien plus grand.

Quant à la fameuse création d'emploi, rien ne prouve que ces 70 millions de dollars répartis entre une multitude d'entreprises auraient vraiment servi à créer de nouveaux postes, surtout dans une économie où il est bien moins risqué de faire des placements que d'investir.




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