Où serez-vous dans 10 ans ?

De quoi aura l'air le Québec, le Canada, la planète  dans 10 ans? Quels... (Infographie La Presse)

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De quoi aura l'air le Québec, le Canada, la planète
dans 10 ans? Quels problèmes sociaux aurons-nous réglés... ou créés? Et vous, où serez-vous?
Voici quelques-unes de vos réponses.

Plus ça change...

au travail après un trajet de trois heures et demie, entre Brossard et Montréal. C'est un peu frustrant de devoir faire le détour par le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, qui est encore en réfection, alors que j'habite à cinq minutes des piliers encore sans tablier du futur pont à péage Stephen Harper, dont l'ouverture a été repoussée à 2026. Surtout qu'à 2,92$ le litre d'essence d'Anticosti Oil, ça commence à gruger dans mon budget. Je regrette encore la fermeture préventive du pont Champlain, il y maintenant huit ans. Bien sûr que j'aurais pu prendre le MTGV (Métro à très grande vitesse), mais le stationnement incitatif était déjà plein à 5h30 et le service n'est toujours pas très fiable.

C'est encore plus frustrant que, bien qu'âgé de 65 ans, je doive encore travailler à l'hôtel de ville de Montréal, en raison des coupures à mon fonds de retraite votée par le bon maire Coderre, réélu sans opposition depuis dix ans. Bonne nouvelle cependant, en rentrant au bureau, mon CLSC vient de m'appeler pour m'informer que mon nom a été pigé à la loterie du bon Docteur Barrette. Je pourrai donc voir un médecin dans les deux prochaines semaines. En espérant que ma vilaine grippe ne se transforme pas en bronchite aiguë d'ici là.

En écoutant hier soir les faits saillants du jour à la commission Charbonneau, je me disais que nous en avions fait du chemin depuis le début des audiences il y a plus de dix ans maintenant. Il est rassurant de constater qu'en 2024, la collusion et la corruption ont été abolies pour être remplacées par la confession et l'absolution.

Je vous laisse, je dois assister à mes cours de préretraite. Dans dix ans je pourrai rester bien au chaud dans mon CHSLD.

Michel LaBrosse

L'hommerie

Nous serons rendus là ou «l'hommerie» nous aura conduits, c'est à dire pas très loin d'où nous sommes actuellement.

L'appât du gain et les malversations de tout genre auront tôt fait de nous rattraper malgré quelques commissions Charbonneau.

Jean Morency, Repentigny

Pas au Québec

Une chose est sûre pour ma conjointe et moi, ce ne sera pas au Québec que nous serons dans 10 ans. Il y a trop de mesquinerie, d'individualisme, trop de taxes et trop d'impôts et trop de politique qui ne mène à rien.

Dès cette année, nous déménageons à Terre-Neuve, pays (oui, oui...) magnifique, accueillant, avec une des populations des plus sympathiques que j'ai rencontrées. Je dis pays, car il y a une fierté très évidente émanant des gens, de leur attachement à leur île, à leur culture, à leur liberté. Ce que nous avons perdu ou jamais eu, ici.

Nous quittons un Québec qui se meurt, sous respiration artificielle, dans le coma, sans vraiment et concrètement d'espoir de réanimation.

François Senécal

Un Québec pauvre, trilingue et surendetté

Si on continue ainsi, je crois que nous aurons fait faillite, que le FMI nous aura «ramassés», qu'il y aura inflation galopante et que le coût de la vie sera astronomique. L'éducation sera exorbitante et inaccessible, la santé sera privée et l'espérance de vie sera diminuée (70 ans au lieu de 80). La population active aura aussi diminué, et les gens âgés seront pauvres dans la plupart des cas (endettés et faisant face à moins de services accessibles). La pollution aura atteint des sommets inégalés et le niveau des océans aura commencé à monter. Le Canada aura commencé à songer à larguer le Québec, pauvre et surendetté. L'immigration massive multipliera les individus métissés trilingues (français à l'école, anglais dans la rue et langue maternelle respective à la maison).

François Péloquin

Triste avenir

Je suis pessimiste sur le sort des Québécois francophones de souche.

L'éducation en est le gros problème. Trop de jeunes abandonnent l'école devant le peu d'effort demandé. Ils forment ensuite une main-d'oeuvre d'usine, de petit peuple sans autre ambition que de prendre sa bière et fumer son joint tout en rêvant au bling-bling des clips américains.

L'immigration nous amènera la force des travailleurs, surtout ceux provenant de pays qui ne leur offraient aucun avenir. Ici, presque tout est permis pour eux. Ils ne veulent pas vivre du système, mais en faire partie.

Dans 10 ans, nos gouvernements n'auront pas réglé nos problèmes d'infrastructures. L'immobilier appartiendra de plus en plus aux investisseurs étrangers.

Les problèmes de santé mentale seront encore plus flagrants.

Mais le Québec sera encore ce havre différent dans l'Amérique du Nord, où il fait bon vivre, pourvu que les religions restent dans la vie privée. Et nous serons heureux à Montréal d'inaugurer le nouveau pont Champlain, car il faudra alors refaire le pont-tunnel La Fontaine d'urgence...

Daniel Dubé, Montréal

Je peux encore rêver

Moi, je serai probablement passée de l'autre côté du miroir, puisque j'ai déjà 82 ans et qu'un cancer du sein a grugé mon énergie. Mais, je peux rêver pour le Québec, le Canada, l'univers.

On traitera le cancer avec d'autres remèdes que la chimio et les brûlures de la radio. On se nourrira beaucoup mieux avec ce que la nature nous offre, sans absorber autant de viande, sans produits transformés. Toutes les automobiles seront électrifiées, en tout cas une bonne partie.

Nous n'irons pas encore dans l'espace compter les étoiles et alunir sur la lune; on continuera d'en rêver. Le rêve transporte vers les nuages et embellit l'existence, il ne faut pas l'oublier.

Le Québec aura réglé son déficit et entamera le processus de remboursement de la dette. Le décrochage scolaire... verrons-nous d'ici 10 ans la fin de cette plaie sociale?

On se dirigera vers une rente appropriée pour tous ceux qui en ont besoin. Les femmes auront vaincu le plafond de verre ou le plancher collant, selon la formule choisie, mais le Conseil du statut de la femme continuera d'être vigilant. Nous vivrons une ouverture d'esprit vers les communautés culturelles, les autochtones, les pauvres, les malades.

Notre Église évoluera vers la reconnaissance des femmes. Pas encore un pape féminin, mais ça viendra. Les aînés auront alors tous les services pour leur permettre de vieillir sereinement. Les guerres seront en grande diminution, on se parlera, on négociera et on proposera des solutions.

Mais je m'emballe! Ça prendrait presque cent ans pour réaliser tout ça, mais puisque vous m'avez permis de rêver, la folle du logis s'est emparée de ma plume et je n'ai pas su la retenir!

Marthe Asselin Vaillancourt, Jonquière

Le train-train quotidien

Les choses ne changeront pas tellement, car les individus sont égoïstes. Leurs habitudes ne changeront que très peu. Les gens achèteront toujours des voitures à essence. Le maire Coderre fera trois mandats à l'hôtel de ville de Montréal. Il célèbrera son 62e anniversaire le 25 juillet de cette année-là.

Les Nordiques seront revenus dès le départ du commissaire Gary Bettman, mais nous n'aurons pas d'équipe de baseball et c'est tant mieux!

Il y aura eu une guerre fratricide entre la Russie et les pays alliés à l'Ukraine.

La province du Québec sera en meilleure posture économiquement et sa dette aura diminué. Par contre, le Canada ne se sera pas fait que des amis, après l'ère des conservateurs. Les libéraux auront pris le pouvoir en 2015 et Justin Trudeau en sera à son deuxième mandat comme premier ministre.

Enfin l'eau, source de vie à tous, sera de plus en plus recherchée, c'est pourquoi elle est à la base de mon entreprise. Buvez-en et elle me rendra riche!

Marc L. Fortin, Montréal

La vraie richesse

Avant d'arriver au Canada en 1969, je rêvais à ses grands espaces, à son immense fleuve Saint-Laurent, à sa nature grandiose. En arrivant au Québec, j'ai constaté que ces grands espaces, ce fleuve, cette nature étaient peu accessibles pour le commun des mortels. Les choses se sont heureusement améliorées: nous avons une offre exceptionnelle de parcs nationaux et d'autres endroits où il est possible de profiter de la nature. Plusieurs organismes se consacrent à la promotion des activités de plein air; le sentier national se développe graduellement. Les étrangers, les Français en particulier, viennent nombreux pour jouir de nos richesses naturelles.

Maintenant, dans une frénésie pétrolière, on s'apprête à forer à l'île d'Anticosti, un des joyaux naturels du Québec. Même si, au bout du compte, on n'y trouve pas suffisamment de pétrole de schiste pour en justifier l'exploitation, la nature aura subi les outrages de l'exploration. Il est loin d'être acquis que la nature sera restaurée intégralement.

Pourquoi ne pas compter sur notre vraie richesse que constitue la nature encore sauvage? Le monde croule de plus en plus sous le développement industriel, se couvre de bitume et de béton, l'air devient irrespirable à beaucoup d'endroits de notre planète. Pourquoi ne pas conserver au Québec cette oasis de nature que les étrangers voudront visiter, générant des retombées économiques? Je parie que la nature non polluée sera une des plus grandes richesses mondiales dans un avenir prévisible.

Jana Havrankova, médecin, Saint-Lambert

J'en ferai partie

Le Québec dans 10 ans, c'est bien loin dans cette province qui change énormément chaque année. J'espère que dans 10 ans, le Québec sera fort économiquement et fera toujours partie d'un Canada prospère. Je voudrais que le Québec devienne une province montrant la voie en matière d'écologie, de diversité artistique et culturelle.

Il faudrait redonner vie au fleuve Saint-Laurent, notre trésor national, pour qu'il redevienne le superbe joyau touristique et l'axe économique qu'il était.

Montréal devrait reconquérir ses lettres de noblesse, redevenir la superbe métropole de jadis, pour que les jeunes y fassent carrière après leurs études.

Je voudrais un Québec plus jeune, un regain des familles, une plus grande ouverture des Québécois envers tous les citoyens du monde. Il faudrait que nous parlions toujours français, mais en considérant que l'anglais est la langue internationale et qu'il est avantageux d'être bilingue, afin de développer notre belle province francophone.

Finalement, moi-même je m'imagine dans 10 ans être prêt à aider le Québec à devenir ce que je veux qu'il soit, en m'impliquant dans le monde des affaires ou en politique.

Rémi Desjardins

Fin de «La Presse» écrite

Le journal La Presse+ ne sera plus un journal quotidien écrit, car les journalistes liront leurs reportages plutôt que de l'écrire. Ce sera un peu comme des reportages radio. Les nouvelles nous parviendront directement, et en tout temps dans la journée. Cette idée de lire le journal quotidiennement sera révolue.

Richard Brabant, ancien porteur de La Presse dans les années 60

En voie de disparition

Dans dix ans, j'espère que je vivrai encore pour constater où nous en serons. Technologiquement,je n'en sais rien, mais socialement, je crains fort que notre existence en tant que peuple francophone soit de plus en plus menacée. Si le gouvernement libéral sévit encore à ce moment-là, et si la jeunesse ne tient pas plus à sa langue et à sa culture, nous serons en voie de disparition. J'espère en tout cas que des mesures seront prises pour assurer la laïcité de l'État et de l'espace public et que la langue anglaise, bien utile j'en conviens, sera ce qu'elle doit être au Québec et ailleurs, une simple langue seconde. L'impérialisme linguistique et culturel doit être endigué. Je vis encore d'espérance.

Janine Thériault, Montréal

Un référendum gagnant... grâce au PLQ

Comme la ligne éditoriale de La Presse ce cesse de le chanter, le PLQ, champion de l'économie, relèvera celle du Québec. Les partis indépendantistes développeront un projet emballant d'autonomie tourné vers l'avenir pour le Québec. La prospérité et la fierté étant de retour, il y aura un référendum gagnant.

Denis Henry

Toujours dans le même bourbier

Dans 10 ans, on aura finalement compris que le réchauffement climatique n'était pas du bluff. Les finances publiques ne seront toujours pas équilibrées, il ne faut pas se leurrer. Aucun d'entre nous ne verra la fin de la dette de 250 milliards.

Je ne pense pas qu'on aura encore vécu l'extinction des cônes orange. Si ça continue, le tout petit échangeur Dorval aura pris 10 ans à se compléter, alors dans 10 ans, on sera certainement en retard et en dépassement de coût faramineux pour le pont Champlain et l'échangeur Turcot.

Bref, je n'ai pas hâte à cette prochaine décennie, car on ne sera pas encore sorti du bourbier dans lequel on nous a enfoncés depuis 40 ans.

Sylvie Labrecque, Laprairie




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