L'économie québécoise doit s'engager dans une nouvelle voie

L'auteur croit que la croissance de l'investissement privé,... (Photo David Boily, archives La Presse)

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L'auteur croit que la croissance de l'investissement privé, surtout dans la région de Montréal, constitue l'un des moteurs de l'économie québécoise.

Photo David Boily, archives La Presse

Glen Hodgson

L'auteur est premier vice-président et économiste en chef du Conference Board du Canada.

Le Québec se dirige vers une période de ralentissement prolongé de la croissance économique. Sans action délibérée du gouvernement et des entreprises, les Québécois seront confrontés à la désagréable perspective d'une détérioration des services publics doublée d'une hausse des impôts - et à un avenir plus difficile sur un territoire économique de moins en moins concurrentiel.

Après deux années consécutives de croissance économique à peine supérieure à 1%, de ralentissement et de stagnation de l'investissement privé et de faible croissance de l'emploi, les perspectives à court terme s'éclaircissent un peu pour le Québec en 2014. Le Conference Board du Canada prévoit que le taux de croissance de la Belle Province sera de 2% cette année. La croissance, tirée par les retombées positives du redressement du secteur privé aux États-Unis, devrait encore progresser légèrement en 2015.

Cependant, la reprise ne durera pas, car les fondements de la croissance à long terme du Québec ne sont pas solides. Le Conference Board prévoit que la croissance économique future du Québec (en données corrigées en fonction de l'inflation) s'établira autour de 1,5% annuellement après 2015 - soit moins que dans l'Ouest du Canada et qu'en Ontario. Cette projection tient dans une large mesure au ralentissement de la croissance de la population active. Avec une croissance aussi faible, il sera difficile pour l'État québécois de maintenir au rythme actuel le financement de ses systèmes de santé et d'éducation.

L'équilibre budgétaire doit être atteint sous peine de forcer des choix encore plus difficiles à l'avenir et d'entraîner une perte de confiance des marchés financiers. Déjà, les impôts et les redevances sont plus élevés au Québec que dans les autres provinces, et sa dette nette est la plus élevée de toutes, à près de 50% du PIB.

Le Québec entre dans une période difficile et sa marge de manoeuvre pour y faire face s'amoindrit. Que peut donc faire le nouveau gouvernement pour améliorer les perspectives de croissance? La population active, l'investissement privé et la productivité sont les trois facteurs clés qui déterminent la croissance durable d'une économie.

Population active

Le Conference Board s'attend à ce que le taux de croissance passe en dessous de 0,5% par an après 2015, principalement à cause du départ à la retraite des baby-boomers. Pour infléchir cette tendance, le Québec pourrait accueillir plus d'immigrants, les travailleurs plus âgés pourraient être incités à retarder leur départ à la retraite et plus d'autochtones ou de membres de groupes sous-représentés pourraient être encouragés à se joindre à la population active.

Le gouvernement pourrait investir dans l'éducation et les compétences, notamment en augmentant les droits de scolarité de manière à tenir compte du coût réel de l'enseignement postsecondaire. Des droits artificiellement faibles privent les établissements d'enseignement de ressources financières. Il serait plus judicieux de relever les frais de scolarité, tout en facilitant l'accès aux prêts étudiants et l'obtention de bourses pour les étudiants à faible revenu.

Investissement privé

La question de l'avenir politique de la province étant résolue pour les quatre prochaines années, l'incertitude à court terme devrait être levée auprès des investisseurs. En outre, des investissements publics complémentaires dans les infrastructures favoriseraient la croissance de l'investissement privé, surtout dans la région de Montréal, qui demeure le moteur de l'économie québécoise.

Productivité

La plateforme politique du nouveau gouvernement suggère que ce dernier priorisera l'amélioration de l'efficience économique du Québec pour favoriser la croissance de la productivité. Le gouvernement doit vite passer des principes à l'action et montrer ainsi qu'il est prêt à mettre en oeuvre des programmes propices à l'innovation en affaires et favorables à une ouverture au commerce et à l'investissement (qui ne soient pas fortement subventionnés). Le fait d'améliorer l'efficacité des services publics, notamment les soins de santé, contribuerait aussi à renforcer la productivité.

***

Sans une nouvelle orientation de la politique économique, il est peu probable que les perspectives de croissance économique du Québec s'améliorent. Le nouveau gouvernement gagnera à procéder à un examen approfondi des principales politiques destinées à encourager la croissance de la population active. Autrement, les Québécois devront se préparer à payer plus d'impôts pour maintenir les services publics ou s'attendre à une détérioration de leur qualité.




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