La SRC paie pour la CBC

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Plus de 300 postes seront coupés au service français de Radio-Canada.

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Michel Beaumont

L'auteur réside à Québec.

Les récentes coupes de budget, à la fois conjoncturelles et structurelles, annoncées par la direction de Radio-Canada et CBC prévoient de nombreuses abolitions de postes. On mentionne que 657 emplois disparaîtront, dont 312 au service français et 345 à la CBC. Notez qu'environ 73% de ces coupes au Québec se feront à Montréal. Un net recul dans la qualité, cela au même prix.

Pourtant, les problèmes majeurs proviennent de la CBC, qui affiche un manque de revenus publicitaires chez les jeunes de 25-54 ans; c'est par cette immense brèche que la majorité de l'eau entre dans le bateau. Cela fait très mal à la structure administrative et représente une blessure presque mortelle. Sans compter que les chaînes musicales déçoivent énormément dans leurs sources de revenus. Êtes-vous surpris? Ces mêmes chaînes devraient subir une réorientation vers la rentabilité au lieu de s'adresser aux 75 auditeurs distraits dans les ascenseurs.

Pourtant Radio-Canada, encore une fois, présente un meilleur bilan financier que la CBC. Mais, qu'à cela ne tienne, un couperet musclé passera au service français avec la même sévérité. Il y a distorsion dans la logique, ici. Pourquoi préfère-t-on l'austérité à la prospérité? De plus, les coupes ciblent trop le département des sports alors que bien des émissions culturelles inutiles - oui, inutiles - diffusent avec acharnement une culture poussiéreuse digne du 3e sous-sol des musées; on peut facilement discuter pendant 30 minutes sur un tiers de ton dans la couleur. Cette culture, malheureusement, nous «culture» davantage qu'elle nous cultive. Je ne vois pas son utilité. Dans cet univers n'importe qui peut s'improviser artiste. Où sont les normes?

Pendant ce temps, la ministre du Patrimoine canadien, Shelly Glover, accepte la triste glissade. Au lieu d'investir dans un redressement de l'organisation pour mieux la préparer aux changements qui s'opèrent dans les communications, un monde en mutation, Mme Glover accepte béatement le fait accompli. On largue beaucoup trop d'amarres à l'eau. Quelle grande désillusion! L'attachement rétrécit comme une peau de chagrin. Le bateau risquera-t-il de partir à la dérive?




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