Lettre au nouveau gouvernement

L'auteure souhaite que le nouveau gouvernement, dirigé par... (Photo André Pichette, La Presse)

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L'auteure souhaite que le nouveau gouvernement, dirigé par Philippe Couillard, permette au peuple de faire de nouveau confiance aux politiciens.

Photo André Pichette, La Presse

Delphine Rocher-Lewis

L'auteure est étudiante à l'Université de Montréal et réside à Outremont.

Pour la première fois, j'ai pu voter aux élections provinciales. Je n'ai pas voté pour vous. Je ne voterai probablement jamais pour vous. Mais je suis prête à vous faire confiance.

Lorsque le Parti québécois et Mme Marois ont été élus en 2012, j'étais heureuse. Si j'avais pu voter à l'époque, j'aurais voté Québec solidaire et aurais donc perdu mes élections. Mais pas entièrement, puisqu'un parti indépendantiste aurait quand même été élu.

Deux ans plus tard, j'étais maintenant déçue de la victoire du PQ, en qui j'avais tant confiance. Pas de référendum, une charte ridicule, les déceptions s'accumulaient. Moi qui, en 2012, m'étais presque sentie péquiste, j'étais devenue cynique et fatiguée d'entendre parler de ce parti politique navrant.

Je me suis donc rendue aux urnes cette année, déterminée à ne pas participer à la réélection du PQ. Je n'aurais jamais osé voter CAQ ou PLQ. Il me restait quelques choix: Option nationale, Parti vert, Parti nul et mon préféré, Québec solidaire. Ce ne fut pas un grand dilemme. C'est ainsi que je cochai Québec solidaire sur mon bulletin de vote. J'ai donc «perdu» mes premières élections provinciales. Au pire. Ce n'est pas un jeu. Même s'il y a un gagnant.

Gagnant que je n'ai pas soutenu. Que je ne soutiendrai jamais. Mais comme je l'ai dit, gagnant auquel je suis prête à faire confiance.

Tenez vos promesses

Je vous implore, ô nouveau gouvernement, de ne pas reculer sur vos promesses faites pendant la campagne. Tout le monde se plaint toujours du manque d'intérêt des Québécois pour la politique, mais ce n'est pas étonnant. Ça fait des dizaines d'années qu'on se fait promettre équilibre budgétaire, baisse des impôts, création d'emplois, amélioration des services de santé et j'en passe. Ça fait des dizaines d'années que ces mêmes promesses ne sont pas tenues. Alors, pour une fois, faites renaître l'intérêt des Québécois et faites-nous la preuve que l'on peut encore faire confiance aux politiciens. Respectez vos promesses.

Occupez-vous des vraies «vraies affaires». Ne faites pas comme le PQ. Arrêtez d'essayer de régler de faux problèmes. Arrêtez de parler de charte et de diviser la population sur un obstacle inexistant. Occupez-vous plutôt de l'éducation, sujet trop négligé au cours de cette campagne. Occupez vous de la culture, des services sociaux, de la santé, de la langue, de l'itinérance, des régions, de l'égalité, de l'environnement, de nos aînés, des autochtones, je n'en sais trop rien, mais s'il vous plaît, occupez-vous des vraies affaires.

La politique n'est pas censée être une compétition. Les partis opposés ne devraient pas s'entrehaïr. Ils devraient coopérer. Pourquoi n'écouteriez-vous pas ce que les autres ont à dire, contrairement aux gouvernements précédents? Pourquoi ne continueriez-vous pas les bons projets non achevés des gouvernements précédents? Après tout, vous êtes censés être là pour une seule et même chose: le bien des Québécois. Prouvez-le-nous.

M. Couillard, je n'ai pas voté pour vous. Je ne voterai jamais pour vous. Je crois que c'est clair. Mais j'espère que dans quatre ans, à l'approche des élections, je ne serai pas désespérée, déçue ou fatiguée. J'espère que je n'aurai pas à me dire «libérez-nous des libéraux». J'espère que je pourrai me dire que finalement, vous n'étiez pas si pire.




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