Les vrais enjeux du Québec

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Marcel Boyer

L'auteur est professeur émérite à l'Université de Montréal et fellow du CIRANO.

L'enlisement de la campagne électorale du Québec dans des débats et échanges d'importance marginale fait oublier les vrais enjeux du Québec d'aujourd'hui. Il est temps de marquer 2014 comme l'année charnière du renouvellement de notre modèle social-démocrate avec une vision d'un Québec aux citoyens entreprenants, instruits, ouverts sur le monde, libres et responsables.

Au cours des 30 dernières années, le Québec a connu une croissance économique historiquement remarquable, mais relativement décevante. Cette performance a des répercussions sur l'évolution de la population. Le nombre de jeunes de moins de 15 ans a diminué au Québec de 12 % depuis 30 ans, mais a augmenté de 6,5 % dans le reste du Canada, de 16 % en Ontario et de 20 % aux États-Unis.

De même, le nombre de jeunes travailleurs, les 15-44 ans, a diminué de 6 % au Québec, alors qu'il augmentait de 22 % dans le reste du Canada, de 29 % en Ontario et de 18 % aux États-Unis. Le Québec perd sa population de jeunes et de jeunes travailleurs.

Renverser la tendance actuelle pose le défi de créer des emplois que les parents souhaiteront voir leurs enfants occuper et que les jeunes travailleurs, d'ici et d'ailleurs, voudront et pourront occuper. La création d'emploi est un facteur déterminant de l'équilibre démographique, car elle permet de fidéliser et d'attirer les jeunes travailleurs et leurs familles.

Pour y arriver, il faudra compter sur la capacité innovante et entrepreneuriale des Québécois et convaincre nos politiciens de cesser de jouer aux apprentis sorciers en voulant régler d'en haut et par la réglementation tous les problèmes, une forme d'infantilisation de la population susceptible de tuer dans l'oeuf l'entrepreneuriat.

Pour sortir le Québec de son enlisement, il faudrait :

1 - Redéfinir les rôles respectifs des secteurs public et concurrentiel. Le rôle du secteur public devrait être triple : identifier les besoins des citoyens en biens et services publics et sociaux, faire les arbitrages nécessaires, et gérer les contrats et partenariats avec les entreprises et organisations du secteur concurrentiel. Cela permettra d'implanter un droit réel à la contestation, qui donnerait à toute entreprise et tout groupe de citoyens la possibilité de remplacer le cas échéant les producteurs et distributeurs des biens et services publics.

2 - Favoriser le recours systématique aux mécanismes et prix concurrentiels, qui donnent aux individus et entreprises de bons repères quant à la valeur sociale des activités poursuivies et des investissements envisagés.

3 - Optimiser le développement de notre capital humain en responsabilisant nos collèges et universités comme premiers répondants dans le maintien et l'adaptation de notre capital humain, en favorisant le développement d'outils de gestion de risque (produits d'assurance) susceptibles de permettre aux individus et aux entreprises de mieux faire face aux changements dans leur environnement économique, et en poursuivant une politique d'immigration et d'intégration plus ouverte, plus diversifiée et plus agressive.

4 - Contrer le développement de la dépendance grâce à des programmes de redistribution directe des revenus pour les moins nantis et d'aide responsable pour les entreprises, afin de favoriser l'autonomie individuelle et corporative.

5 - Mettre sur pied des programmes d'évaluation rigoureuse, transparente, indépendante et crédible des politiques et programmes publics, faisant état de l'ensemble des coûts et bénéfices, identifiant les risques et le coût social des fonds publics, et évitant le double comptage des effets.

Pour réaliser notre énorme potentiel de création de richesse, il faut mettre fin aux stratégies de capture de rentes que poursuivent trop de groupes de pression. Comme société, il faut au premier chef avoir l'intellection des objectifs et des moyens pour réaliser nos ambitions, objectifs et idéaux sociaux-démocrates, le courage de les mettre résolument en oeuvre, et ne pas craindre de renouveler, voire de mettre au rancart les institutions et les politiques qui ont pu être utiles dans le passé, mais qui sont mal adaptées au monde actuel et freinent aujourd'hui notre développement.




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