Nous voulons aider

Malgré l'adoption en 2011 du projet de loi... (Photo Thinkstock)

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Malgré l'adoption en 2011 du projet de loi 41 permettant aux pharmaciens de prolonger ou d'ajuster une ordonnance, ou encore d'effectuer certains tests, celui-ci n'est pas encore entré en vigueur.

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Madame la première ministre,

Les pharmaciens attendent maintenant depuis près de six mois que votre gouvernement pose des actions concrètes dans le dossier du projet de loi 41 qui, rappelons-le, a été adopté à l'unanimité en décembre 2011 à l'Assemblée nationale et qui devait entrer en vigueur le 3 septembre dernier.

Au Québec, le quart des citoyens n'a pas de médecin de famille. Ce sont plus de deux millions de contribuables qui ressortent grands perdants de cette léthargie gouvernementale. Chaque jour, nous recevons des patients qui ont besoin de nous. Nous pourrions les aider, mais votre gouvernement a choisi de nous laisser les mains liées.

Particulièrement en région, nous faisons face à un grave problème de patients orphelins, alors que des médecins prennent leur retraite, certains sont en congé de maladie et d'autres sont tout simplement débordés. Nous sommes réduits à diriger nos patients à l'urgence pour prolonger leurs ordonnances.

Nous sommes impuissants devant une femme enceinte qui souffre de nausées à frôler la déshydratation, alors que nous pourrions lui prescrire un médicament. Nous ne pouvons rien faire pour une personne qui a du muguet dans la bouche en raison de sa nouvelle pompe d'asthme. Nous sommes frustrés de ne pouvoir substituer un médicament dans les cas de rupture d'approvisionnement.

Tant d'exemples pour lesquels nous pourrions agir, mais vous préférez laisser la solution sur les tablettes, par entêtement. Conséquence: ces cas sont expédiés à l'urgence et engorgent un système de santé qui, nous le savons tous, croule déjà sous la demande.

C'est un véritable cri du coeur que nous vous lançons aujourd'hui afin que vous preniez vos responsabilités dans ce dossier qui dort déjà depuis trop longtemps. Alors que l'accès aux soins de santé efficaces est claironné par tous en cette campagne électorale, vous avez une solution à portée de main qui donnera des résultats immédiats, mais vous reportez encore et encore.

Nous voulons aider. Mais dans le cadre légal actuel, si nous dépannons nos patients en leur fournissant les médicaments dont ils ont besoin, nous nous plaçons non seulement dans l'illégalité, mais également à risque vis-à-vis de la Régie de l'assurance-maladie du Québec, qui peut nous réclamer le remboursement des médicaments et des honoraires.

Madame la première ministre, vous disposez entièrement de la prérogative de décider ce que l'État offrira comme couverture d'assurance médicaments aux Québécois. Mais, en ce moment, comme vous n'avez pas les moyens de couvrir l'ensemble de ces nouveaux services, vous préférez en refuser l'accès aux Québécois qui pourraient choisir de les payer de leur poche.

La grande majorité de nos patients préféreraient nettement payer 12$ à la pharmacie pour obtenir un service efficace et professionnel plutôt que d'attendre 15 heures à l'urgence. Faites vos choix, mais laissez aux Québécois le leur.

- Benoit Morin, Johanne Gagnon, Philip Morgan, Patrick Ouellet, Julie Doucet, Maxim Fontaine, Christine Lacombe, Benoit Farmer, Gabrielle Nguyen-Van-Tinh, Michel Najm, Judith Choquette et Marc Dontigny




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