Sur la voie du «césarisme» ?

La chef du Parti québécois, Pauline Marois.... (PHOTO RYAN REMIORZ, La Presse Canadienne)

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La chef du Parti québécois, Pauline Marois.

PHOTO RYAN REMIORZ, La Presse Canadienne

Diane Villa

L'auteure est retraitée. Elle demeure à Sainte-Adèle.

Le PQ s'engagerait-il chaque jour davantage sur la voie du césarisme? J'exagère?

PKP se présente comme candidat, fort de l'appui de Québecor, du Journal de Montréal, des hebdos locaux et régionaux - Berlusconi a fait à peine mieux.

Madame refuse de débattre en anglais - la minorité anglophone est une quantité négligeable, assurément.

Madame sera à Tout le monde en parle la veille de l'élection. La veille! Et on veut nous faire avaler que c'est équitable.

On veut nous faire croire que ces élections, qui vont coûter au bas mot 88 millions de nos taxes durement gagnées et involontairement contribuées, sont nécessaires en raison du «blocage» de l'opposition. Quel blocage? Sur le budget? Il n'a pas été présenté en bonne et due forme. Sur d'autres projets de loi importants? On les a laissé mourir au feuilleton.

Une crise créée de toute pièce

Hormis l'adoption de quelques mesures sur lesquelles un large consensus existait déjà, ce gouvernement n'a rien fait durant les 18 derniers mois, sauf briser la majorité de ses promesses électorales (lire «Promesses tenues, promesses brisées», Paul Journet, La Presse+, 9 mars), créer de toute pièce une crise sociale sans précédent avec son projet de charte des valeurs et, pour finir, contrevenir à sa propre loi de tenir des élections à date fixe. Il faut le faire!

Combien d'argent et d'énergies perdus avec la Commission spéciale sur la question de «mourir dans la dignité» pour voir le projet de loi abandonné alors qu'il était sur le point d'être adopté - mais pas assez vite pour le PQ, dont l'échéancier électoral a primé sur la conscience des élus qui tenaient à s'exprimer sur cette question de première importance, on en conviendra, et qui n'ont pas accepté de se laisser bousculer?

Mais, réjouissons-nous, on nous promet un livre blanc sur l'avenir du Québec. On nous promet une société laïque dans laquelle les femmes franchiront un grand pas vers l'égalité - sur le dos des minorités, sur le dos de femmes vulnérables, mais c'est secondaire.

On nous promet un nouveau cours d'histoire obligatoire qui s'appuiera sur le «fait national» et «l'histoire sociale» du Québec - voilà qui améliorera très certainement le degré d'alphabétisation et la culture générale de nos adolescents. En somme, rien comme un peu de laïcité à géométrie variable et un peu d'histoire revue et corrigée à travers le prisme de l'indépendantisme pour nous concocter un avenir.

Notre système de santé malade? Pas vendeur comme enjeu électoral, question suivante s'il vous plaît. Quant aux emplois perdus, 26 000 en février seulement, il faut «relativiser». Le déficit est un puits sans fond? On y verra plus tard. On promet des milliards en dépenses et en investissements publics de tout acabit? Pas de souci, on pourra toujours augmenter le déficit. Un nouveau débat référendaire nous pend au-dessus de la tête? Rien à craindre, Madame ne bousculera pas les Québécois.

Quand cesserons-nous d'avaler les couleuvres de cette poignée de démagogues pour qui la fin justifie tous les moyens, même les plus retors et les plus injustes?

L'occasion nous est offerte le 7 avril prochain. Saurons-nous en profiter?




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