Courrier des lecteurs

Pierre Karl Péladeau, nouveau candidat du Parti québécois... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Pierre Karl Péladeau, nouveau candidat du Parti québécois dans Saint-Jérôme.

Photo Robert Skinner, La Presse

Bienvenue, M. Péladeau !

Il y a déjà 47 années que je suis arrivé au Québec. J'ai très rapidement adhéré au Mouvement Souveraineté-Association, puis au Parti québécois. J'ai milité activement avec Pierre Bourgault, Louis O'Neil, Gérald Godin, Elsie Lefebvre, et Vivian Barbot au Bloc Québécois. J'ai été permanent au PQ durant cinq années. J'ai perdu deux référendums avec des larmes. Je me suis toujours identifié à l'idéal social-démocrate. J'ai trouvé dramatique que ce mouvement national ne puisse pas inspirer les élites économiques québécoises. J'attribue d'ailleurs l'échec de cette légitime aspiration à l'indépendance au refus de la classe économique. Je ne connais pas de société qui ait pu accéder à son émancipation sans l'appui d'une partie de sa bourgeoisie. Je pensais le cas du Québec désespéré. Or, voilà que mon rêve renaît. L'un des leaders de notre bourgeoisie se joint à mon combat. Je verrai peut-être un Québec souverain avant ma mort. Et vous voudriez que je joue au gauchiste puriste, sous prétexte que M. Péladeau n'a pas tout à fait la même sensibilité politique que moi? Bienvenue Monsieur Péladeau!

Daniel Gomez

Sophisme

Cette fois-ci c'est trop gros. Par la voix de son porte-parole Marc Laviolette, ex-président de la CSN, le club politique souverainiste Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), a fait savoir que peu lui en chaut que l'un des employeurs les plus antisyndicaux au pays, Pierre Karl Péladeau, devienne candidat du Parti québécois. Utilisant un sophisme époustouflant, M. Laviolette a estimé que l'arrivée du magnat de la presse au PQ «est un gros plus» parce que ce dernier n'y vient pas pour négocier une convention collective. C'est «une grosse prise» pour le PQ, s'est-il réjoui. Ainsi, pour le SPQ Libre, l'atteinte de la souveraineté semble justifier une alliance avec un ennemi des travailleurs syndiqués que ce club politique prétend défendre. Où est l'erreur? Heureusement, les réactions venant du mouvement syndical, dont plusieurs dirigeants n'ont pas caché leurs affinités péquistes jusqu'ici, indiquent que la candidature de M. Péladeau pourrait être l'élément déclencheur d'un réalignement politique dans ce secteur.

Paul Cliche, Montréal

Séparation difficile

Pierre Karl Péladeau s'est lancé en politique après avoir dit un «non» retentissant à cette possibilité il y a quelques jours à peine. Au cours de sa première conférence de presse, M. Péladeau a omis de dire quelle serait la monnaie qu'utiliserait le nouveau pays qu'il veut bâtir. Est-ce que ce serait un dollar québécois comme le disait Jacques Parizeau? Si oui, un homme d'affaires sérieux devrait expliquer clairement l'impact que ce nouveau dollar aurait sur l'économie et sur le paiement des intérêts et le remboursement de la dette du Québec qui sont entièrement libellés en dollars canadiens. Quel en serait aussi l'impact sur les caisses de retraite qui sont déjà en grandes difficultés et dont les actifs sont aussi libellés en dollars canadiens? Mais le plus surprenant est que M. Péladeau ait parlé lui-même de sa séparation d'avec son ex-épouse. Il a dit combien les derniers mois avaient été difficiles pour lui. Il ajoutait, en prenant son auditoire à témoin: vous savez comment une séparation est difficile et poursuivait en disant qu'il avait obtenu le consentement de son ex-épouse avant de se lancer en politique. M. Péladeau, si votre séparation a été à ce point pénible, combien plus difficile serait pour tous les Québécois une séparation d'avec le reste du Canada? De plus, est-ce que sous votre gouverne le PQ devra, avant de se séparer, demander l'autorisation au reste du Canada?

Raymond Garneau, ministre des Finances du Québec de 1970 à 1976

Les fortunés et la politique

La venue de Pierre Karl Péladeau en politique est une très mauvaise nouvelle, même pour le PQ. M. Couillard a raison, PKP ne laisse aucun doute: la souveraineté, alors que 59% des Québécois n'en veulent pas. Le problème d'avoir des gens très fortunés en politique c'est qu'ils n'ont pas besoin d'argent. Donc, dans la pyramide de Maslow, ils ne sont pas au même niveau que la majorité et leurs intérêts personnels prédominent. Au moment où les Québécois ont des besoins de base, PKP est à des années-lumière de cette réalité. Il faut maintenant taper sur le clou et ne parler que de souveraineté dans cette campagne.

Lévis R. Doucet

Détournement de parti

J'avais 18 ans, en 1973, et René Lévesque était venu nous visiter dans notre minuscule local électoral de Mont-Saint-Hilaire. J'avais été frappé par sa petite taille physique, mais davantage par la grandeur de ses idées et de sa stature d'homme politique honorable. Avec ce que nous montre le PQ depuis quelques semaines, je suis certain que M. Lévesque doit se retourner dans sa tombe. La Loi sur les élections à date fixe reniée, une Charte des valeurs qui joue sur les peurs irrationnelles et la xénophobie, la dilapidation des fonds publics dans la distribution de bonbons électoraux inspirée de la méthode de Duplessis, mais à une échelle tellement plus grande, voilà ce que nous a donné le PQ depuis qu'il a repris le pouvoir. Le plus drôle, c'est d'entendre aux nouvelles la candidature de PKP cautionnée par l'ineffable Marc Laviolette, ancien président de la CSN. La grève au Journal de Montréal, ça ne vous rappelle rien, M. Laviolette? Je ne sais pas encore pour qui je vais voter, mais je sais très bien quel parti n'aura pas mon vote.

Dominique Valiquette, Laval




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