Le beau risque d'une majorité

Le député libéral Stéphane Dion.... (PHOTO MARTIN ROY, archives LE DROIT)

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Le député libéral Stéphane Dion.

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André Robert

L'auteur est président d'un cabinet conseil en management des risques industriels et développement durable. Il répond à une lettre d'opinion de Stéphane Dion publiée samedi dernier.

En réponse à votre opinion parue dans La Presse du 1er mars intitulée «Les risques d'une majorité», je me dois de vous féliciter: pour une fois, la logique et la simplicité avec laquelle vous avez exprimé cette opinion ont été de rigueur.

Toutefois, j'aurais plutôt intitulé cette opinion «Le beau risque d'une majorité». J'oserais, et vous me le permettrez sûrement a posteriori, de répondre à votre opinion en respectant presque intégralement la séquence de votre argumentation.

Débutons par une bonne nouvelle; pour une fois, fédéralistes (à l'exception de Philippe Couillard, bien sûr) et nationalistes interprètent la boule de cristal de la même façon: le prochain gouvernement sera nationaliste... et majoritaire!

Il ne s'agit pas là d'une pure coïncidence et encore moins le fruit d'efforts investis par les candidats de toutes allégeances dans le cadre d'une campagne électorale bien rodée; d'ailleurs, celle-ci n'est même pas encore commencée - du moins officiellement - et déjà on en connaît les résultats. Il s'agit tout simplement d'un cheminement naturel qu'un peuple assumé poursuit au fil des décennies afin d'assurer sa pleine autonomie.

Deux cultures différentes

Vous soulignez le fait qu'un tel résultat aura comme conséquence la promotion d'un référendum sécessionniste comme s'il s'agissait là d'une finalité. Bien naïf celui qui n'aurait pas constaté «l'acharnement thérapeutique» séculaire à vouloir maintenir cette ambition fédéraliste à faire cohabiter nos deux cultures aussi différentes et «distinctes». Nous n'avons qu'à tourner les yeux de l'autre côté de l'Atlantique.

Vous évoquez les coûts, de même que les efforts et énergies à engouffrer dans un processus sécessionniste. Je pense que vous avez tout à fait raison: on n'a qu'à se rappeler les tristes conclusions de la non moins triste commission d'enquête sur les commandites. Qui en a fait les frais? ...

Joseph Facal a peut-être raison lorsqu'il dit qu' «on ne peut pas vraiment gouverner et préparer un référendum en même temps»: il a toutefois oublié de mentionner que gouverner c'est aussi s'assumer, par voix de référendum ou autrement.

Sur la question référendaire, nous sommes parfaitement en phase: «Le Québec devrait-il être un pays indépendant?» devrait être la question adoptée. Plus la question est complexe, plus il est compliqué d'y répondre. Les longues questions confondent les gens et sèment un doute dans la tête de ceux qui doivent y répondre.

Un référendum nationaliste se doit d'être un geste réfléchi, comme vous dites, rare et grave en même temps, et dont l'une des finalités n'est pas un tri des gens que l'on souhaite rejeter, comme vous l'affirmez, mais beaucoup plus un refus significatif d'être assimilés par ces mêmes gens avec qui nous cohabiterons de toute façon selon des règles de bon voisinage.

Pour le reste, vous pouvez toujours penser et réagir comme Philippe Couillard. Toutefois, vous n'aurez que vous même... à congédier!




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