«Avancez en arrière»

La Société de transport de Montréal a un manque à gagner de 20 millions pour... (Photo Edouard Plante-Fréchette, archives la presse)

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Yves Chartrand

L'auteur habite à Montréal.

La Société de transport de Montréal a un manque à gagner de 20 millions pour boucler son budget. Elle vient donc en conséquence de réduire son service d'autobus de 3%, ce qui est totalement inacceptable. Les deux lignes d'autobus voisines de chez moi sont la 125 Ontario et la 94 D'Iberville. L'autobus 125 passe déjà aux 30 minutes à certains moments de la journée et la 94 passe aux 30 minutes toute la journée. Qu'est-ce que ce sera après les coupures? «Avancez en arrière», comme disaient certains chauffeurs...

Nous voyons également le métro de Montréal se dégrader devant nos yeux avec ses nombreuses pannes de service et on se demande combien de temps il va encore tenir avec ses équipements désuets, malgré la venue de nouveaux wagons. Pourtant, on annonce le prolongement de la ligne bleue vers Anjou. Allez y comprendre quelque chose.

Au moment où le Québec se targue de vouloir entrer de plain pied dans le XXIe siècle en procédant à l'électrification du transport en commun, on coupe dans les services. Au moment où le transport en commun devient, sur le plan environnemental, une alternative à l'utilisation de l'automobile, on coupe les services. Par contre, on investit une fortune dans des projets autoroutiers comme l'échangeur Turcot et le nouveau pont Champlain, encourageant ainsi encore une fois l'utilisation de la voiture.

Alors qu'un certain élan avait été donné au transport en commun à Montréal au cours des dernières années pour en arriver un jour à un service digne d'une grande ville, ce qui a donné comme résultat une hausse importante de l'achalandage, voilà que l'on procède à maintenant à une réduction de service. «Avancez en arrière».

Le nouveau président de la STM, Philippe Schnobb, et son équipe doivent faire preuve de courage et de créativité. Il est certain que la STM a besoin de voir son financement augmenté par Québec et que la contribution provenant des automobilistes soit accrue via la taxe sur l'essence et les frais d'immatriculation. Est-ce que les personnes de la banlieue qui tiennent mordicus à venir travailler au centre-ville de Montréal en voiture au détriment de notre santé ne pourraient-elles pas apporter une plus grande contribution au transport en commun sur l'île?

La STM devrait également regarder du côté de sa gestion interne. Comme bien des administrations publiques, on a l'impression qu'une fois les salaires et avantages sociaux et les pensions payés, en plus des frais de fonctionnement, il y a de moins en moins d'argent disponible pour les services aux utilisateurs.

Est-ce qu'il n'y aurait pas un ménage à faire chez les cadres de la STM, sans doute payés à gros salaires? Est-ce que les employés syndiqués ne pourraient pas également être amenés à contribuer à partir de leurs bons salaires et avantages sociaux, et leurs belles pensions? Est-ce que les représentants des usagers qui siègent au conseil d'administration de la STM ne pourraient pas nous mobiliser, nous, les usagers du transport en commun, pour aller manifester à Québec, sinon à Ottawa pour obtenir un financement accru? Avançons vers l'avant, pas vers l'arrière.




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