Côtoyer la différence pour mieux l'apprécier

Nous comprenons donc que le voile puisse apparaître... (Photo: Robert Skinner, archives La Presse)

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Nous comprenons donc que le voile puisse apparaître comme un symbole de soumission aux yeux de certains, mais cela ne justifie en rien que l'on stigmatise l'ensemble des femmes qui choisissent de le porter, soulignent les auteures.

Photo: Robert Skinner, archives La Presse

Stéphane Stril

L'auteur est étudiant en science politique et histoire à l'Université McGill et ancien étudiant au Collège international Marie de France.

Après avoir fréquenté le Collège international Marie de France pendant 14 ans, j'ai eu la chance de me faire des amis français, marocains, libanais, iraniens, égyptiens, et québécois, tous des gens extraordinaires, mais je suis sorti de cette école sans avoir côtoyé une seule fille voilée ou garçon portant une kippa ou un turban.

À l'époque, je trouvais cela tout à fait normal, c'est la loi de la République, c'est comme ça! Mais plus maintenant. Est-ce vraiment cela que nous souhaitons pour nos jeunes, aucun contact avec la diversité religieuse qui s'exprime parfois par des symboles tels que le voile, la kippa ou le turban?

Le Collège se vante d'avoir réussi à faire coexister des jeunes de plus 70 nationalités différentes sans aucun problème, bravo! La principale raison de ce succès c'est que depuis leur plus jeune âge, les élèves ont appris à se connaître avec leurs différences culturelles parfois énormes. Voilà la preuve qu'en côtoyant la différence, on finit par l'accepter et même la valoriser.

Ce n'est pas en déviant le regard des choses qui peuvent nous mettre mal à l'aise que nous accepterons la diversité religieuse qui est aujourd'hui une réalité croissante dans nos sociétés occidentales modernes. Prenons l'exemple de l'homophobie. Il est sidérant de se rendre compte que les individus les plus homophobes de notre société sont ceux qui n'ont jamais connu d'homosexuels, ou qui ont tenté de les éviter.

Cela me rappelle un sondage paru dans la Gazette il y a quelques jours, où seulement 22% des francophones québécois disent connaître une personne qui serait touchée par la charte du Parti québécois; ce chiffre est encore plus bas en dehors de Montréal. Pas étonnant alors que les plus forts appuis à cette charte se trouvent parmi ceux qui ne côtoient tout simplement pas la différence.

Revenons au cas du Collège Marie de France. Si les universités McGill, de Montréal, Sherbrooke, Concordia et d'autres ont décidé de rejeter le projet de loi péquiste... c'est parce que leur priorité numéro un est l'éducation. Parfois, l'excellence académique vient en toutes formes. Est-ce une raison pour barrer la porte à certains? Laissez-moi en douter.

Je suis français et canadien et j'ai connu les deux systèmes: le modèle français de laïcité au Collège Marie de France et la laïcité ouverte du Québec à l'Université McGill, où je suis maintenant étudiant. Jamais je n'ai senti que la «neutralité» de l'université était menacée par le port de symboles religieux par certains élèves ou enseignants.

Je peux aujourd'hui affirmer que les valeurs d'ouverture, d'inclusion et d'égalité que véhicule le modèle québécois m'ont ouvert les yeux vers une diversité qui devrait être appréciée comme une richesse extraordinaire et non pas comme une menace.




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