Courrier des lecteurs

Une couche de glace, parfois d'une épaisseur de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Une couche de glace, parfois d'une épaisseur de 60 centimètres, recouvre encore les décombres de la Résidence du Havre de L'Isle-Verte.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

L'Isle-Verte est une mère

L'Isle-Verte est une mère qui s'est longtemps inquiétée pour ses enfants partis en mer.

L'Isle-Verte est une mère grondeuse quand les vents du large l'enserrent.

L'Isle-Verte est une mère nourricière quand l'été donne le fruit de ses récoltes.

Tel un rosier aux ramifications solidement ancrées dans le sable de mer et la terre noire, L'Isle-Verte est une mère féconde et multiple.

L'Isle-Verte est une mère bienveillante qui tend la main et relève ses enfants.

L'Isle-Verte est une mère courageuse et compatissante qui pardonne à ses enfants.

Quand il a été annoncé durant la cérémonie, de manière imprévue, que monsieur Bernier, le propriétaire de la Résidence du Havre, voulait nous adresser la parole, soudain, spontanément, un millier de personnes se sont levées et ont applaudi durant de très longues secondes. Alors qu'il marchait, et avant même qu'il gravisse les marches conduisant au coeur et avant même qu'il ne soit debout devant le lutrin, les enfants de L'Isle-Verte avaient déjà pardonné ce qui, tous en convenaient, n'avait pas à être incriminé.

Son adresse fut sobre, touchante et empreinte d'humanité.

Dans cette église aux délicats piliers qui en cachent la force et dont les arcs brisés sont autant de broderies de bois blanc qui rappellent la blancheur hivernale, je n'ai vu ni larmes, ni colère, ni épaules voutées. Dans cette église, j'ai vu la lumière et la paix revenir. Dans cette église, j'ai entendu des enfants courir dans les allées dont l'écho des pas nous rappelle que le cycle des générations continu.

Julie Sarault, Étudiante et chargée de cours à l'UQAR, Rimouski

Une société de « moumounes » ?

Sommes-nous en train de créer une société de «moumounes» qui ne pourra jamais régler ses problèmes sans aide extérieure ou alors cherchons-nous à valoriser la fonction de psychologue? Loin de moi l'idée de vouloir minimiser l'impact et la portée du drame épouvantable de L'Isle-Verte, j'ai sursauté en entendant dire ce matin que l'école primaire de cet endroit rouvrait et que de l'aide psychologique était disponible pour les enfants. Pour ces enfants du primaire en question, il s'agit très certainement de la perte d'un arrière-grand parent. Malgré le fait que ces enfants aimaient sûrement leurs aïeuls, est-ce que des enfants de cet âge sont traumatisés au point d'avoir besoin des services de psychologues? Avant l'ère des «logues» de tout acabit, personne en particulier n'aidait les gens dans leur cheminement et ce n'était pourtant pas la déprime généralisée. Il reste que dans certains cas, c'est très souhaitable, puisque le besoin existe (les orphelins de Lac-Mégantic, par exemple). Mais il ne faudrait pas en faire une généralité et toujours dramatiser pour des riens. L'être humain n'a pas toujours besoin d'aide extérieure pour surmonter les épreuves.

André Forcier, enseignant, Saint-Basile-le-Grand

Le Québec est en retard

À partir des données présentées dans divers documents budgétaires et rapports concernant notre système de santé, on déduit que le Québec est forcé d'entreprendre un virage dans son offre de service pour les aînés, les coûts d'hébergement en CHSLD étant de beaucoup supérieurs à ceux en résidences pour aînés, dont la majorité sont privées. En matière de protection incendie, l'exemple de la ville de Vancouver est pourtant bien connu et sûrement documenté au gouvernement. On y découvre que la question de l'obligation de «gicler» des bâtiments où résident des personnes à autonomie réduite est appliquée non seulement pour les constructions neuves, mais aussi pour celles existantes. L'objectif de protéger les individus prime. Au Québec, c'est selon le moment où le bâtiment a été construit. La protection est donc différente, pas selon le risque encouru, mais selon une norme totalement inadaptée. Puisque le Québec a décidé de se doter d'un sous-réseau de résidences privées afin d'économiser, il doit assumer, au moins en partie, le coût d'offrir la même protection à tous ses aînés bâtisseurs de notre société. L'Isle-Verte était donc évitable. Le code du bâtiment du Québec devrait cesser d'être en retard sur celui du Canada en cette matière. C'est une question de vision.

Jacques Roy, retraité, Saint-Ferréol-les-Neiges

Plus de surveillance humaine

J'ai oeuvré pendant 32 ans comme policier à la Sûreté du Québec et 2 ans en sécurité industrielle sur les campements de la Société d'énergie de la Baie James, plus spécifiquement sur le chantier de la Rupert. Comme constable, nous avions entre autres tâches des rondes de vérification de tous les dortoirs, et ce, malgré la présence des systèmes physiques en place (détecteurs individuels dans chaque chambre, système d'alarme central, lumières de corridors automatiques, extincteurs, etc.). Je crois que rien ne remplace l'humain pour la vigilance, parce que nous possédons des sens qu'aucun dispositif n'a. C'est pour cela que je préconise les rondes de sécurité en plus de tous les systèmes. Mon beau-père séjournait dans une résidence où il y avait des rondes de nuit et les employés ouvraient la porte avec leur passe-partout, geste compris dans la ronde.

Guy Lavoie

Les toilettes communautaires

Depuis la tragédie de L'Isle-Verte, on ne cesse de nous rebattre les oreilles avec des normes anormales et désuètes. À Rivière-du-Loup, nous nous battons depuis plusieurs années pour obtenir un nouveau CHSLD. Il était prévu au début pour 144 lits, mais, étant donné la situation financière de la Belle Province, on ne nous octroierait finalement que 72 lits... si le gouvernement réussit à trouver les bidous nécessaires. C'est bien, direz-vous? Pas tout à fait, car les autorités qui prennent les décisions finales refusent d'accéder à une demande logique de construire avec une toilette par chambre, sous prétexte que la norme gouvernementale est d'une toilette pour deux chambres. Et ce n'est pas négociable. Imaginez-vous, à 90 ans, devoir établir un horaire avec votre voisin pour aller vous asseoir sur un siège de toilette souillé, prendre une brosse à dents qui n'est pas la vôtre, ou vous faire emprunter votre dentier par votre voisin de chambre! Et les odeurs de l'autre! Pouah! Comment alors se protéger d'une épidémie de gastro, de grippe, etc.? Vraiment, il ne fera pas bon vieillir et finir ses jours dans un de ces «Centres Hospitaliers pour Soins de Longue Diarrhée» aux toilettes communautaires.

Gilbert Blachon, Rivière-du-Loup




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