Qui est responsable?

L'incendie a éclaté vers minuit trente à la... (Photo tirée du site web de la Résidence du Havre)

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L'incendie a éclaté vers minuit trente à la Résidence du Havre, au 25, rue du Quai, à L'Isle-Verte.

Photo tirée du site web de la Résidence du Havre

Monique Loubry

Maintenant retraitée, l'auteure était infirmière en chef en gériatrie. Elle réside à Sorel-Tracy.

Me permettez-vous de partager ce que j'ai ressenti à l'annonce de la tragédie de la Résidence du Havre? Tout d'abord, une immense colère dirigée vers les décideurs, les responsables d'octroi des permis d'exploitation.

Colère de constater que certaines personnes âgées ne sont pas protégées comme elles devraient l'être, elles qui placent leur entière confiance dans les personnes qui les hébergent, se pensant en sécurité, ignorant qu'il existe des règles différentes selon l'appellation du bâtiment et son année de construction!

En effet, les normes de sécurité-incendie diffèrent selon qu'il s'agisse d'un établissement public ou privé, même si l'établissement privé doit, depuis 2007, obtenir un certificat de conformité, délivré par l'Agence de la santé et des services sociaux. Comment dès lors concevoir que les critères de sécurité soient diamétralement opposés?

Même s'il n'y a pas à ce jour d'obligation légale d'installer des gicleurs, il n'y a pas non plus d'interdiction de le faire! S'il fait froid, je mets une tuque, sans y être obligée... Le gros bon sens...

Colère, aussi, de constater qu'on parle d'accident alors que, par définition, un accident est un événement imprévisible. Or dans cette tragédie, peut-on vraiment parler d'accident, alors que tout était en place pour le déroulement logique et malheureusement tragique que l'on connaît: structure de bois, absence de gicleurs, personnes très âgées en perte d'autonomie, et seulement deux personnes sur place pour faire face au drame.

La disparité des normes de sécurité fut fatale à plus de 30 personnes.

Ma colère a ensuite cédé sa place à une immense tristesse et une sympathie sincère à l'endroit des familles des défunts, envers les employées présentes au déclenchement du sinistre, et aussi à tous les employés de cette résidence, qui vivent très intensément la disparition subite, brutale et inhumaine de toutes ces personnes qu'ils ont chéries depuis des années. Il faudra du temps, bien du temps pour oublier, ne fût-ce qu'un peu.

J'ose enfin espérer que la réflexion amorcée par le ministre de la Santé, Réjean Hébert, en février 2013, n'attende pas encore une autre année avant de conclure pour la sécurité de tous. «Faut-il attendre qu'il y ait un drame avant d'implanter des règles claires pour les résidences qui accueillent des gens en perte d'autonomie?», disait-il.




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