L'équité avant toute chose

Dans notre société moderne, la croyance et la... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Dans notre société moderne, la croyance et la non-croyance devraient être autorisées dans sa libre expression pour toute personne, dit l'auteur.

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Michel Forget

L'auteur est prêtre. Il réside à Deux-Montagnes.

Dans le débat sur la Charte de la laïcité, une personne, très favorable à l'interdiction du port des signes religieux ostentatoires par les employés de l'État, posait la question suivante lors d'un entretien télévisé: «Quelle serait la réaction des gens si un employé de l'État se présentait devant les bénéficiaires d'un service public avec un chandail sur lequel serait inscrit le texte suivant: Dieu n'existe pas» ? Elle affirmait que ça ne serait ni acceptable ni accepté.

À la suite de cette prise de position, je me suis dit que ce serait très bien si les personnes athées et agnostiques pouvaient avoir un signe distinctif et le porter publiquement pour affirmer leur non-croyance, si elles le désirent. Pourquoi pas? Je crois que dans notre société moderne, la croyance et la non-croyance devraient être autorisées dans sa libre expression pour toute personne.

J'ai eu le bonheur de travailler avec des personnes athées et agnostiques comme prêtre, principalement dans des groupes communautaires. Un climat de respect mutuel a favorisé l'éclosion d'amitiés très sincères avec des personnes qui ne partageaient pas ma foi. Je ne craindrais pas d'être reçu par un employé de l'État qui s'affirme ou s'affiche athée ou agnostique.

J'ai un préjugé favorable à l'effet qu'en tant que personne professionnelle, elle puisse répondre à mes besoins spécifiques. Je suis conscient, cependant, qu'il y aura toujours des personnes religieuses, athées ou agnostiques fanatiques qui outrepasseront leurs responsabilités en tant qu'employés de l'État pour répandre leur croyance ou leur non-croyance. Mais je crois que ces personnes sont minoritaires et continueraient d'outrepasser leurs responsabilités si on leur interdisait de porter un signe religieux, athée ou agnostique dans l'exercice de leur travail.

Dans le débat sur la Charte de la laïcité, on parle beaucoup de la neutralité de l'État. J'ai fait une recherche sur le sens du mot. Dans le dictionnaire Larousse, le mot se définit comme suit: «État qui demeure à l'écart d'un conflit international». Pour moi, la neutralité est une attitude passive. Je préfère que la Charte de la laïcité promeuve une attitude plus active, plus positive, comme l'équité. En effet, dans le Larousse, le mot équité se définit comme suit: «vertu de celui qui possède un sens naturel de la justice, respecte les droits de chacun». Je suis pour une Charte de la laïcité prônant l'équité et non la neutralité.

Je suis cependant d'accord sur le principe énoncé dans le projet de la Charte de la laïcité à l'effet qu'une personne qui offre un service public au nom de l'État, ou qui en reçoive un en tant que bénéficiaire, doive être à visage découvert. Non pas pour la neutralité ni l'équité de l'État, mais pour la sécurité des personnes.




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