Avant qu'il ne soit trop tard

À Paris, des rues entières ont été bloquées... (Photo Michel Euler, archives Associated Press)

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À Paris, des rues entières ont été bloquées à certaines heures de la journée afin de permettre aux musulmans d'étendre leurs tapis pour prier.

Photo Michel Euler, archives Associated Press

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Johanne Carignan

L'auteure réside à Trois-Rivières.

Soyons francs, c'est l'islam qui nous effraie. Le judaïsme, le shintoïsme et les autres religions ne nous dérangent pas vraiment. Mais l'islam est beaucoup plus qu'une religion. Philosophie, manière de vivre, culture. Surtout, une conviction politique qui prêche le «crois ou meurs».

Oui, nous avons peur. Peur de l'intégrisme qui règne ailleurs.

Arrivée en Iran, une femme ne peut pas descendre d'avion si elle refuse de se couvrir la tête d'un voile. À Paris, des rues entières ont été bloquées à certaines heures de la journée afin de permettre aux musulmans d'étendre leurs tapis pour prier. On fait fi de la population locale qui ne peut y circuler. Ce n'est pas Alger ou Bagdad, mais la capitale de la France.

La France a durci sa position face à l'immigration. Cela fait suite à la très grande tolérance dont elle a fait preuve par le passé. Aux «accommodements» qu'elle a consentis à ceux qui en faisaient la demande. Elle a accordé un doigt et ils ont pris un bras. Et des ghettos se sont créés. Pour ceux-là, pas d'intégration.

Attendra-t-on, ici aussi, qu'il soit trop tard pour imposer des balises à ceux qui arrivent?

Une réflexion d'envergure nationale a amené les Québécois à réaliser que l'accueil de ceux qui viennent s'implanter chez nous nécessite autre chose que la générosité du coeur. Il est de notre responsabilité de s'assurer que ceux qui décident de venir vivre chez nous sont prêts à accepter de s'intégrer et ne s'attendent pas à pouvoir transplanter ici leurs us et coutumes alors que ces modes de vie sont incompatibles avec nos valeurs nord-américaines.

La Turquie, pays majoritairement musulman, a interdit le port de signes religieux à ses fonctionnaires. Sans aucune exception. Je ne crois pas qu'il soit déplacé dans notre mode de vie occidental d'exiger la même chose.

Ma mère nous disait: «Quand tu vas en Chine, tu vis comme les Chinois.» C'était valable où que l'on aille. Chez la parenté comme chez les voisins, la consigne était de respecter la manière de vivre de ceux qui avaient la bonté de nous accueillir chez eux.

Ceux qui viennent s'installer savent certainement avant d'arriver que leur mode de vie n'a pas cours ici.

J'aime beaucoup ce que l'ancien premier ministre Wilfrid Laurier pensait de ceux qui arrivent au Canada. Sa réflexion date de 1907. Je n'y changerais pas une seule virgule. Voici sa réflexion:

«En premier lieu, nous devrions insister pour que si l'immigrant qui vient ici est de bonne foi de devenir un Canadien et s'assimiler à nous, il doit être traité sur un pied d'égalité avec ceux des nôtres, car il serait outrageant d'agir avec discrimination envers une telle personne en raison de la croyance, ou lieu de la naissance ou de son origine. Mais cela repose sur la personne de devenir un Canadien dans tous les aspects, et rien d'autre qu'un Canadien. Il ne peut y avoir aucune allégeance divisée ici. Tout homme qui dit qu'il est un Canadien, mais autre chose aussi en essayant de nous imposer ses coutumes et habitudes, n'est pas un Canadien. Nous avons de la place pour un seul drapeau, le drapeau canadien. Il n'y a de place que pour deux langues ici, l'anglais et le français. Et nous avons de la place pour la loyauté, mais une seule, et c'est une loyauté envers le peuple Canadien. Nous n'accepterons personne, je dis bien personne, qui essayera de nous imposer sa religion ou ses moeurs.»

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