Les mêmes aspirations

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Dans quelques semaines, le film «Gabrielle» de Louise Archambault portant sur une jeune femme présentant une déficience intellectuelle prendra l'affiche.

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Martin Caouette

L'auteur est doctorant et chargé de cours en psychoéducation, à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Une mère d'Oshawa, en Ontario, a remis une lettre à une voisine l'intimant d'empêcher son petit-fils autiste de faire du bruit. En plus de discréditer son avenir - aucun employeur ne voudra l'embaucher, aucune femme ne pourra l'aimer, il sera à jamais un fardeau pour la société -, l'auteure de la lettre suggère que l'enfant déménage dans un milieu sans voisinage ou qu'il soit tout simplement euthanasié.

De tels propos doivent bien sûr être dénoncés pour des raisons de dignité humaine et de respect de la vie. Se limiter à cette action éluderait toutefois la question fondamentale derrière le geste de cette mère, soit celle de la place dans notre société des personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme.

Quotidiennement, des enfants, des adolescents et des adultes se retrouvent en situation de handicap parce qu'ils ont un fonctionnement intellectuel qui se situe en écart avec la norme. Parmi eux, certains sont incapables d'interagir ou de se nourrir seuls. D'autres peuvent être bruyants, voire agressifs. Certains doivent composer avec des malformations physiques tandis que d'autres sont plus vulnérables aux maladies.

Ils existent, mais ils sont pourtant absents de l'espace public. Pire encore, ils sont souvent perçus de façon unidimensionnelle, comme si leur existence se résumait à leurs limitations. Car vous savez, plusieurs d'entre eux adorent le hockey, la sensation du vent sur leur peau et le sucre à la crème de leur grand-mère.

La pitié ne peut cependant pas être une option pour contrer la haine de cette mère. S'imaginer que tous les parents d'enfants en situation de handicap n'ont jamais tort serait aussi faire fausse route.

Être d'accord avec le principe que ces personnes ont le droit d'exister est une chose. Accepter qu'elles dérangent notre confort quotidien en est une autre. Ce n'est pourtant qu'en entrant en relation avec elles que le regard que nous leur portons peut changer et qu'il devient possible de découvrir véritablement qui elles sont.

Dans quelques semaines, le film «Gabrielle» de Louise Archambault portant sur une jeune femme présentant une déficience intellectuelle prendra l'affiche. Gabrielle, nous t'attendons. Nous avons besoin de toi plus que jamais pour te connaître et transformer notre regard sur ceux que nous qualifions de différents. Pour découvrir que derrière ces différences apparentes, nous sommes tous habités de la même humanité et nous possédons les mêmes aspirations à la vie, à l'autodétermination et au bonheur. Et pour nous faire comprendre que de juger l'autre digne d'euthanasie, c'est se condamner soi-même à disparaître.

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