Une rentrée difficile

Les effets scolaires, la nourriture pour les boîtes... (photo François Roy, La Presse)

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Les effets scolaires, la nourriture pour les boîtes à lunch et les vêtements pour chacun des enfants de la famille occasionnent de nombreux frais.

photo François Roy, La Presse

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Sylvie Rochette

L'auteure est cofondatrice et directrice générale du Regroupement des Magasins-Partage de l'île de Montréal.

Alors que le retour en classe devrait être un moment magique pour les enfants et de fierté pour les parents, c'est une période très difficile financièrement pour des milliers de familles montréalaises.

Les effets scolaires, la nourriture pour les boîtes à lunch et les vêtements pour chacun des enfants de la famille occasionnent de nombreux frais. Plus de quatre élèves montréalais sur 10 vivent dans une famille à faible revenu. La crise économique des dernières années est venue grossir les rangs de ceux qui ont besoin d'un coup de pouce. Les gens qui ont perdu temporairement leur emploi, ou qui travaillent au salaire minimum doivent de plus en plus avoir recours aux divers services d'aide alimentaire.

Le visage de la pauvreté à Montréal change. La classe moyenne s'appauvrit de plus en plus. Elle qui jadis était donatrice devient maintenant une clientèle pour les groupes d'aide, voilà la vraie réalité!

C'est connu, la capacité économique d'une famille est un facteur déterminant de la réussite à l'école et le décrochage scolaire frappe deux fois plus durement les élèves issus de milieux défavorisés. 

Dans certains quartiers démunis de Montréal, la moitié des jeunes âgés de 15-24 ans ne détiennent pas un diplôme d'études secondaires. Il est sidérant qu'un tel problème perdure dans une ville comme Montréal, le coeur économique du Québec et une ville du savoir qui possède quatre universités.

Dans les faits, un jeune décrocheur gagnera moins au cours de sa vie, risque d'être plus souvent sans emploi, aura une moins bonne qualité de vie et vivra moins vieux.

Actuellement, on soutient les familles à la base, et ce, minimalement. Car malgré tous ces efforts, l'ensemble des organismes d'aide alimentaire sur l'île de Montréal ne réussit à aider que le quart de la population dans le besoin. 

En cette période électorale, où les Montréalais vont élire dans quelques mois un nouveau maire, il serait bon de penser aux 58 000 enfants qui ont recours chaque mois à des services d'aide - 2600 jeunes de plus que l'an dernier. Il est urgent de remettre la sécurité alimentaire et la lutte à la pauvreté au menu de nos élus aux mêmes titres que l'éthique et la transparence, l'accès aux logements, l'urbanisme et le transport en commun.

Au cours des prochains jours, le Regroupement des Magasins-Partage de l'île de Montréal aidera 1800 familles où vivent 3750 enfants à commencer l'année scolaire avec dignité et dans la joie. 

Un sac d'école, une boîte à lunch et un panier d'épicerie remplis ne représentent pas quelque chose de banal. L'Opération Sac à Dos permet aux enfants d'être comme tout le monde, d'être heureux et d'avoir envie de retourner à l'école. Pour les parents, cet aide leur permet de souffler quelque peu et de mieux dormir.

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