La maladie de la vie

Serge Turgeon se désole qu'au Québec, nous ayons fait le choix social de payer... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, Archives LA PRESSE)

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Mélanie Gravel

L'auteure est une enseignante au primaire de Repentigny. Elle réagit à l'opinion de Serge Turgeon intitulée «Pas une maladie», qui a été publiée mardi dernier.

Serge Turgeon se désole qu'au Québec, nous ayons fait le choix social de payer pour la procréation assistée. Selon lui, l'infertilité n'est pas une maladie, et les contribuables ne devraient donc pas payer pour cela. Pourtant, la liste de ce qui est défrayé par la fameuse carte soleil et qui n'est pas une maladie est longue: vasectomie, ligature des trompes, avortement, suivis de grossesse, accouchement, opérations pour rapetisser l'estomac...

Je ne suis pas contre le fait que l'on paie pour ces services. Ce qui me dérange, me révolte, c'est que des personnes croient que ce n'est pas un bon choix, dans une société comme la nôtre, de faire payer des traitements de fertilité par l'État.

Qu'y a-t-il de plus important sur Terre que la vie elle-même? Des gens ne désirent pas avoir d'enfants et je les respecte, je peux même les comprendre. Par contre, lorsque des parents en désirent et que leur corps leur refuse, ils ont besoin d'aide, peu importe leur classe sociale.

Ces enfants, ces petits êtres qui naîtront grâce à ce système seront souvent bien épaulés par des parents qui les ont tellement désirés. Ils deviendront, dans la plupart des cas, des contribuables qui apporteront une grande contribution à la société. Nous ne regretterons pas d'avoir contribué, d'une certaine façon, au miracle de leur vie. Ces enfants appartiendront un peu à cette société qui leur aura permis de naître. Nous en serons fiers!

Bien sûr, vous direz que tout cela a un prix et que notre société n'est pas si riche. Je vous dirai que plusieurs études françaises ont permis de constater qu'il était, au contraire, payant pour l'État de financer la procréation assistée. Nous avons ainsi un certain contrôle sur les naissances multiples. Celles-ci ne sont pas toujours une bonne nouvelle puisqu'elles impliquent souvent, malheureusement, des naissances prématurées et donc des soins postnataux longs et coûteux. La santé de ces enfants est parfois hypothéquée, ce qui coûtera cher aux contribuables.

Nous avons fait un grand pas en faisant le choix de payer pour ce genre de traitement. Par contre, le système, comme tout nouveau système, a encore des lacunes que nous devons à tout prix régler. Des questions éthiques se posent quant aux personnes qui peuvent bénéficier de ce système (nombre de tentatives autorisées, après quels traitements auront-elles le droit d'y accéder...) La fécondation in vitro ne doit pas être envisagée à la légère. C'est un dernier recours, lorsque tout le reste a été essayé, pendant des années. C'est un traitement coûteux et lourd pour le corps et le coeur... En effet, les inséminations artificielles et la fécondation in vitro ne fonctionnent pas toujours et quand on y met tant d'efforts, c'est dur, très dur...

Pour notre part, nous avons malheureusement dû passer par là. Nous ne faisons pas partie des «chanceux» qui ont pu bénéficier de ce système. Par contre, nous faisons partie des vrais chanceux, sans guillemets, ceux à qui la fécondation in vitro a donné deux merveilleux enfants qui nous apportent plus que tout ce que nous ne pourrons jamais leur apporter.

Nous aurions aimé qu'un tel système existe lorsque nous vivions la détresse de ne pas concevoir. Nous avons toujours cru, et croirons toujours, que la vie est ce qu'il y a de plus important ici.

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