La cigarette qui a sauvé une vie

Qui aurait cru que la cigarette peut sauver... (PHOTO GOU YIGE, AFP)

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Qui aurait cru que la cigarette peut sauver des vies?

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Brigitte Bédard
L'auteure réside à Montréal.

La Presse

Qui aurait cru que la cigarette peut sauver des vies? À tout le moins une, celle de mon père.

La journée de Noël a bien mal débuté pour mon père non-voyant, âgé de 80 ans. Comme à son habitude, il s'est levé très tôt, vers 4h du matin. Comme il dit souvent, «pour moi, ce n'est pas grave s'il ne fait pas clair». Il a serré sa vaisselle de notre souper de réveillon de la veille et est allé prendre son bain. Ensuite, il a entrepris sa tournée pour vider ses petites poubelles de la maison, pour les jeter dans une plus grosse qui est sur un petit palier à l'arrière de son duplex.

Malheureusement, il s'est accroché le pied dans le seuil de la porte et est tombé à genoux dans les marches. Sa tête a heurté une clôture. L'enfer venait de s'ouvrir. Il avait oublié de remettre son bouton d'urgence et il était en sous-vêtements à -10 degrés. Il a crié pendant plus de 45 minutes pour demander du secours.

Heureusement, un voisin, M. De Medeiros, gardait un de ses petits-enfants et sa femme venait de l'envoyer fumer sa première cigarette du matin à l'extérieur pour la santé de l'enfant... et la survie de mon père. Au bout du troisième «au secours», il a réalisé que c'était le «monsieur aveugle» de l'autre côté de la rue qui appelait à l'aide, sauf qu'il ne le voyait pas. Il a fait le tour et trouvé mon père ensanglanté. Il a tout de suite appelé le 911.

L'agente Sophie Morrissette et son collègue ont pris le relais et ont secouru mon père jusqu'à l'arrivée des ambulanciers. Elle a écouté les consignes de mon père qui, malgré la situation, est resté lucide pour lui indiquer où se trouvait son portefeuille, comment me joindre, etc. Elle a sécurisé la maison et a demandé aux ambulanciers de privilégier l'hôpital Fleury comme j'avais demandé, puisque mon père y a son dossier médical.

On peut dire que mon père est en mode survie depuis le 25 décembre. Il a été opéré pour une très mauvaise fracture, il a fait un infarctus en arrivant à l'hôpital et il y a des jours, comme il dit, où «je vois l'enfer... et je vois clair».

Si ce n'avait été de la cigarette matinale de M. De Medeiros, il ne serait plus des nôtres.

Je ne peux que remercier tous ceux qui l'ont sauvé et le personnel de l'urgence et des soins intensifs qui ont veillé sur lui. En souhaitant que mon père entrevoie un petit bout de ciel bleu...

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