Un 26 décembre aux urgences

Ces murs défraîchis, ces couleurs fades, cette ambiance... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Ces murs défraîchis, ces couleurs fades, cette ambiance macabre et ce personnel froid nous ont laissé un mauvais souvenir de cet hôpital et la dernière chose que je souhaiterais serait d'avoir à y retourner un jour.

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Sylvain Laquerre
L'auteur est photographe.

La Presse

Après deux fêtes de famille, des becs, des poignées de main, de la bouffe en quantité et à des heures inhabituelles... bref, après avoir rencontré beaucoup de bactéries, ma conjointe s'est réveillée en pleine nuit avec une indigestion carabinée.

La gastro faisait son oeuvre et lui faisait passer la moitié de la nuit à la salle de bains. Vient un moment où la tête lui tourna et les forces lui manquèrent. Elle s'évanouit et s'effondra dans la salle de bains. Son visage frappa durement la céramique et une arcade soucillère s'ouvrit, laissant beaucoup de sang s'écouler. Des points de suture étaient nécessaires. Nous nous sommes mis en route en nous disant qu'à 7h30 un 26 décembre, les urgences de l'hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu, où nous étions en visite, seraient aussi peu fréquentées que les routes en ce petit matin frisquet.

Arrivés à l'hôpital, nous nous adressons au gardien de sécurité. Celui-ci nous dit qu'il faut prendre un numéro et attendre sur les chaises rouges. Je prends le numéro 800 et je remarque que le numéro 795 est affiché sur un écran lumineux. Il est 7h50. Il a fallu quand même près de 30 minutes avant qu'une infirmière ne regarde la blessure de ma conjointe et nous dise qu'il faut lui faire des points de suture. Son accueil est tellement froid que je me sens obligé de la remercier pour sa gentillesse quand elle nous envoie à l'inscription, où une autre infirmière, sans plus de chaleur, mais en disant au moins «bonjour», prend des informations, au vu et au su de tous les gens qui attendent déjà. Aucune intimité.

Après le triage et l'inscription, il faut attendre d'être appelé et il est impossible pour le personnel de prédire un délai d'attente aux patients. Notre tour ne viendra que vers 15h30.

Nous en avons vu des choses pendant toutes ces heures! Des bébés qui pleurent, des gens âgés qui arrivent en civière, une femme qui raconte s'être donné un coup de hache, un gars avec le petit doigt déformé, une femme qui vient pour la désintox, une fille qui se plaint de ne pouvoir trouver une civière dans un hôpital en se tordant de douleur sur sa chaise. Ils ont fini par lui donner un fauteuil roulant. Quand la fille s'est mise à vomir, ils ont finalement décidé, après tout de même quelques heures, que son tour était venu de voir le médecin. Des gens toussaient, certains portaient des masques.

L'endroit et l'atmosphère sont lugubres et personne ne sourit. Plusieurs souffrent. Il y a une seule toilette pour tout le monde aux urgences de l'hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu, et elle reçoit beaucoup de gens. Au début de l'après-midi, une femme en sort en disant que ça pue. Une autre se révèle incapable de franchir la porte devant tant de puanteur et décide d'aller se rassoir. Quand nous avons été appelés, le tableau des numéros était rendu à 935. Le médecin était très gentil. C'est le premier membre du personnel qui nous a sourit. Mais ces murs défraîchis, ces couleurs fades, cette ambiance macabre et ce personnel froid nous ont laissé un mauvais souvenir de cet hôpital et la dernière chose que je souhaiterais serait d'avoir à y retourner un jour.

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