La quête de la recette gagnante en séries éliminatoires est fascinante.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Quand les Ducks d’Anaheim de Brian Burke avec leurs joueurs costauds, mais un peu plus lents, et leurs durs à cuire, ont remporté la Coupe Stanley en 2007, de nombreux clubs les ont imités l’année suivante et ont grossi leur formation.

Puis quand les Blackhawks de Chicago et les Penguins de Pittsburgh se sont partagé des Coupes Stanley entre 2009 et 2013 après des années de misère, les chances de succès passaient exclusivement par une reconstruction et des joueurs repêchés dans le top trois.

Detroit gagne avec Osgood devant le filet et Chicago avec Niemi ? Inutile de payer ses gardiens ou de les repêcher en première ronde.

La victoire des Blues il y a trois ans avec Jordan Binnington, un gardien prêté au club-école des Bruins (leurs adversaires en finale) l’année précédente a confirmé encore davantage cette croyance.

Los Angeles gagne avec Kopitar et Carter, Pittsburgh avec Crosby et Malkin ? I-M-P-O-S-S-I-B-L-E de gagner sans de gros joueurs de centre.

L’identité des quatre équipes dans le carré d’as est désormais connue et les croyances seront bouleversées à nouveau.

Le premier centre à Vegas entre Max Pacioretty et Mark Stone, Chandler Stephenson, 27 ans, obtenu des Capitals de Washington pour un choix de cinquième ronde, n’a jamais amassé plus de 35 points dans une saison.

Stephenson mesure 6 pieds. Les trois autres centres numéro un, Nick Suzuki (Montréal), Mathew Barzal (Long Island) et Brayden Point (Tampa) ne mesurent pas plus de six pieds.

Tampa Bay a reconstruit à l’époque. Montréal a réinitialisé. Vegas a construit. Long Island s’est contentée de changer sa culture organisationnelle sous Lou Lamoriello.

Le Lightning a neuf joueurs repêchés et développés par l’organisation. Vegas, par la force des choses, a bâti son club avec des échanges. Les Islanders, eux, ont une douzaine de joueurs repêchés par l’équipe. C’est un mélange de joueurs autonomes, de joueurs obtenus dans des échanges et de choix au repêchage à Montréal. Il y en aura sept si Alexander Romanov et Jake Evans sont en uniforme. Alors, quelle est la recette ?

Le mythe du gardien de « location » risque de tomber. Les quatre gardiens du carré d’as ont été repêchés en première ronde : Marc-André Fleury, 1er au total en 2003, Carey Price, 5e au total en 2005, Andrei Vasilevskiy, 19e au total en 2012 et Semyon Varlamov, 23e au total en 2006.

Risque-t-on de voir davantage de gardiens repêchés en première ronde cette année ? Fort possible.

On a beaucoup critiqué le contrat de Carey Price. Le gardien des Canadiens est le seul joueur payé plus de 10 M$ encore en lice pour la Coupe. Les grandes vedettes offensives Connor McDavid, Artemi Panarin, Auston Matthews, John Tavares, Mitch Marner et Jack Eichel sont déjà toutes en vacances.

Faut-il encore investir à l’attaque comme le réclamaient les fans des Canadiens ces dernières années ? Les partisans des Leafs ne semblent pas de cet avis.

En vérité, il n’y a pas de recette, mais des recettes. Les Flyers ont gagné grâce à l’intimidation dans les années soixante-dix ; les Oilers d’Edmonton ont dominé le hockey dans les années quatre-vingt grâce à une attaque dévastatrice ; les Devils du New Jersey ont remporté quelques Coupes en vertu de la trappe et d’un extraordinaire gardien, Martin Brodeur ; les Red Wings avaient leurs Russes ; les Penguins Crosby et Malkin, les Blackhawks Kane et Toews.

Il s’agit de croire en ses éléments en place, à croître collectivement au moment opportun, croire en soi… et avoir de la chance, évidemment !