Si vous êtes un partisan du Canadien, un avide amateur de hockey, comment seriez-vous affecté par un autre lock-out de plusieurs mois, voire de toute une saison de la LNH?  Blâmez-vous surtout les propriétaires ou les joueurs?

Publié le 12 sept. 2012
LA PRESSE

Je m'en ferai, du hockey

À votre question: "Comment seriez-vous affecté par un autre lock-out de plusieurs mois, voire de toute une saison de la LNH ?", je réponds par l'action.  Vous ne voulez pas me donner de hockey ? Parfait, je vais m'en faire.

Donc, au lieu de donner du temps aux millionnaires de la LNH, propriétaires et joueurs confondus, je m'engagerai dans l'entraînement MAHG1 (4-5 ans).

Vivez vos petites chicanes de riches, pendant que moi, je ferai faire quelque chose de constructif auprès des enfants.

Hugo Poissant, Ste-Marthe-sur-le-Lac

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Un grand risque

Oui, je serais affecté par l'absence de hockey à l'automne. Oui, je blâme principalement les propriétaires qui veulent faire payer les joueurs pour leur manque de logique et de structure financière. Il est complètement stupide d'accorder des contrats faramineux d'une durée de 8, 10 et même 12 ans. Quel joueur va se priver d'un tel type de contrat, garanti à vie?

La seule mesure de la LNH avec laquelle je serais d'accord est de limiter la durée maximale des contrats à 5 ou 6 ans, avec un plafond salarial pour ces contrats de 6 à 7 millions.

Lors du dernier lock-out, nous commencions à nous habituer à l'absence de hockey et il ne faudrait pas que ce conflit excède six semaines, sinon je passerai à autre chose et il faut dire que les choix sont de plus en plus grands et variés.

Denis Rodrigue

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Admirattrice depuis 50 ans

Je regarde le hockey depuis 50 ans.  Je suis une fan du Canadien et je réserve ma soirée pour chacune des parties.  Pour moi, une saison sans le Canadien représente 82 soirées perdues.  Donc, je vous en prie, pas de lock-out, s'il vous plaît!

Rachel Collard, Chicoutimi

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Partez à la découverte

J'ai été un fan inconditionnel du Canadien pendant des lunes, mais depuis quelques années, je trouve que notre sport a perdu en termes de qualité.

Selon toute probabilité, il y aura lock-out et tout le monde sait très bien que ce n'est pas avantageux pour personne.  Il y aura donc une saison de hockey simplement écourté.

Profitez de cette occasion pour regarder les jeunes du Junior majeur et encouragez-les autant à la maison que sur les estrades. Pour la majorité d'entre eux, ce sera possiblement le plus loin qu'ils auront la chance d'évoluer (certains finiront au niveau universitaire, ECHL ou même Europe).

Donc, au lieu de voir le côté négatif de cette situation, profitez-en pour apprécier une autre catégorie de joueurs.

Yan Rioux

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Je veux la coupe

Dans un contexte de lock-out, je vous avoue que mon automne et mon hiver seraient sans aucun doute trop tranquilles! Je suis avec fidélité tous les matchs du Canadien de Montréal.  Dans un Québec ébranlé par plusieurs crises sociopolitiques, le hockey nous permet de voir autre chose que du désordre dans notre belle province! Avec les changements que notre équipe a subis, j'aspirais à une saison des plus performantes et à voir nos joueurs se dépasser comparativement à la saison dernière. Malheureusement, les hauts dirigeants sont sur le point de nous gâcher cette magnifique saison. Les joueurs sont prêts à jouer, les partisans sont prêts à voir gagner leurs équipes respectives, les commerçants s'attendent à de bonnes retombées, mais ce très cher Garry semble plutôt prêt à nous empêcher de voir évoluer notre équipe. Décevant! Plusieurs diront que les joueurs peuvent encore couper leur salaire, qu'ils sont déjà beaucoup trop payés.  Eh bien moi, je leur répondrais que si un patron s'octroie un salaire plus élevé et demande à son personnel de réduire le sien, ils refuseront. Comme l'a si bien dit Gionta: "Let's play hockey!". Je veux une saison dans les règles de l'art, je veux voir mon équipe se démener pour gagner, je veux oublier la dernière saison, je veux que le Québec puisse à nouveau se qualifier de gagnant et de battant! Je veux la Coupe, rien de moins!

Geneviève Thibault, Trois-Rivières

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Indifférent

Cette situation va persister tant que le partisan va continuer à soutenir ce «système» en consommant les divers produits reliés à la LNH et en se payant des billets à un prix effrontément élevé. Et on constate que ce même partisan est totalement exclu du débat alors que c'est lui qui vivre la LNH! Dommage...

Un lock-out ou une grève me laisse parfaitement indifférent!



Martin Guérin, Rouyn-Noranda


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Vive la LHJMQ

J'espère que les médias se tourneront vers LHJMQ.

Mais la saison d'hiver sera bien longue sans notre hockey.  Cela comble facilement de longues soirées d'hiver pour moi.

Françoise Champagne

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Sortez vos casseroles

Oui, je serai affecté s'il n'y avait pas de hockey à Montréal. Je blâme surtout les propriétaires, qui ne sont pas parvenus à se mettre d'accord entre eux pour freiner l'augmentation du salaire des joueurs. Qu'ils se réunissent et rédigent une convention pour les offres salariales incluant des clauses pour la faire respecter. Par la suite, les joueurs n'auront pas le choix d'accepter l'offre.

J'invite tous les amateurs à manifester leur colère devant Bell Centre en amenant leurs marmites qui s'avéraient très efficaces.

Behnam Gerges

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Le hockey, la vie, l'amour

En 2004, je venais de m'abonner à un câblo-distributeur dans mon premier appartement pour enfin pouvoir suivre les matchs du Canadien sur RDS. Mais le lock-out en décida autrement. Cette année, je viens de m'acheter un cinéma maison avec écran 50 pouces avec tous les postes en haute définition, pour enfin pouvoir regarder les matchs dans toute la splendeur du HD et il semble que le destin me nargue, puisque je serai privé encore une fois, semble-t-il, des émotions associées à une saison de la LNH.

Malgré mon amour pour le Canadien de Montréal, je ne sais pas si c'est une si mauvaise chose. On le sait bien l'amour est une affaire de coeur et, dans le hockey comme dans une relation de couple, on vit des hauts et des bas. Ainsi, l'absence du hockey nous prive de ces hauts enivrants qui suivent une victoire, un but, une bonne mise en échec ou un arrêt miraculeux, mais nous protège des bas démoralisants qui suivent inévitablement les défaites, crève-coeur ou pas - dans le fond elles le sont toutes - les blessures malchanceuses de nos joueurs étoiles, les contre-performances honteuses. Enfin, un hiver sans hockey, c'est comme un célibat forcé, il y a une période de deuil, suivie d'une période de sevrage et enfin l'acceptation de la situation. Et après, on se rappelle que c'est quand même juste un petit bout de caoutchouc noir qu'on essaye de faire entrer entre deux poteaux de métal et on se tourne vers ce qui est vraiment important, la famille, les enfants, les amis. Mais les joies, la folie et l'amour du hockey et surtout du Canadien ne restent jamais trop loin dans notre pensée.

Marc Gennaoui

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Diversifiez

Lors du dernier lock-out ceux qui ont le plus souffert de l'absence du hockey ce sont les médias sportifs canadiens. De quoi allaient-ils bien pouvoir nous parler ?

Surtout avec des journalistes sont presque uniquement qualifiés à parler de hockey. Ajoutez cela à la mode surfaite des « joueurnalistes » et le résultat est que le sport avec un grand S est en général très mal desservi.

Je suis conscient qu'au Québec le hockey est une religion et il passera toujours en premier. Néanmoins, je suis convaincu qu'il y a plus d'amateurs de sports en général que de simples fans du Canadien.

Je ne dis pas qu'il faut enlever de la couverture médiatique au hockey, ni au football, ni même au golf. Il faut simplement mieux répartir les parts de marché de chaque sport.

Je trouve particulièrement important que les passionnés québécois de tous les sports puissent être informés en français.

Je suis tellement habitué à aller dénicher mes informations sportives à l'extérieur des médias traditionnels francophones que c'est pratiquement devenu normal. Et ce ne devrait pas être le cas !

Je doute que les amateurs craignent un conflit dans la NHL. Une petite pause nous ferait peut-être même du bien.

Alors, aux décideurs des médias sportifs, je lance ça comme ça, pourquoi ne pas en profiter pour tenter une nouvelle approche de couverture sportive? Et cela commence par engager des journalistes de différents horizons!



François-Xavier Clément, Longueuil



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Fan
un jour, fan toujours

Le lock-out qui s'annonce dans la LNH ne prouve qu'une chose :  la clientèle est tenue pour acquise. Et probablement avec raison. Les amateurs seront encore au rendez-vous dès que la première rondelle sera mise au jeu. Du moins, c'est ce qui est arrivé la dernière fois. Les propriétaires d'équipe de la LNH, menés par Gary Bettman, font encore le pari que les pertes subies par un arrêt de travail seront largement compensées par les gains que la nouvelle convention collective leur permettra d'engranger. Ces gens sont là pour s'assurer que la valeur de leur équipe de hockey continuera de croître ainsi que la capacité de la refiler à un futur acheteur facilité par des conditions économiques favorables.

Ceci dit, en tant que fan de hockey, amateur de pool et gérant d'estrade averti, le hockey me manquera certainement beaucoup cet hiver. C'est mon sport préféré et être privé de voir oeuvrer les meilleurs joueurs de la planète me décevra assurément. Mais, malgré toute la passion qui m'anime quand la saison de hockey est en cours, j'ai la chance d'avoir une vie équilibrée qui me fait apprécier des tas d'autres choses, à commencer par mon épouse et mes trois enfants avec qui je partagerai de nouvelles activités en attendant la reprise du jeu, comme si rien n'avait été arrêté. Parce que je suis un fan, oui, mais surtout parce que je ne le prends pas personnellement.

Philippe Malo