La période périnatale, soit de la grossesse jusqu’à la deuxième année de la vie du bébé, est remplie de bouleversements, tant sur les plans physique, psychologique que social.

Pour les mères comme pour les pères, devenir parents représente une expérience émotionnelle intense, où la joie côtoie les sentiments de stress, d’inquiétude et de fatigue face aux nouvelles exigences de la parentalité. Il s’agit d’une période de grande adaptation et de vulnérabilité pour l’ensemble des parents. Pourtant, on accorde encore trop peu d’importance à l’aspect psychologique du passage vers la parentalité. À l’occasion de la Journée Bell Cause pour la cause, le 25 janvier, il apparaît plus que jamais nécessaire de poursuivre la discussion sur la santé mentale périnatale.

L’arrivée d’un nouveau-né s’accompagne de changements importants. Pour la femme enceinte, les transformations sont d’abord physiques et hormonales. Dans les jours qui suivent l’accouchement, de 70 % à 80 % des femmes présentent de l’irritabilité, de l’anxiété et des sautes d’humeur. Il s’agit du fameux « baby blues », une réaction temporaire normale notamment due à la chute hormonale importante, à l’augmentation du stress et au manque de sommeil.

Une femme sur cinq qui a un « baby blues » important développera une dépression. La dépression toucherait également près de 10 % des pères durant la période périnatale.

Faciliter la transition vers la parentalité

L’apprentissage d’un nouveau rôle familial, celui de parent, représente une adaptation particulière. Les parents intègrent de nouvelles habitudes et responsabilités et voient leurs priorités changer. L’arrivée de bébé peut aussi être synonyme de certains deuils : le deuil de la vie d’avant, le deuil de l’enfant parfait ou celui du rôle idéalisé de parent. À l’image de montagnes russes, la parentalité est faite de hauts et de bas qu’il importe de nommer, de normaliser et de faciliter.

Certains organismes communautaires, dont les Centres de ressources périnatales (CRP), offrent aux mères et aux pères un espace pour être entendus, soutenus et valorisés dans leur rôle. De nombreux services tels que les cafés-rencontres, les services de relevailles (soutien à domicile), les haltes allaitement et les groupes de soutien permettent notamment d’adoucir la transition vers la parentalité.

Reconnaître l’importance de la santé mentale périnatale

On accorde beaucoup d’importance, de façon tout à fait légitime, à la santé physique de la femme enceinte et du bébé. Les cours prénataux sont bien souvent axés sur la préparation à l’accouchement et sur les soins du nouveau-né. Les parents ont tout avantage à être mieux informés et sensibilisés à la santé mentale durant la période périnatale.

Au-delà du nécessaire travail de prévention et d’information, il est important d’assurer et de faciliter l’accès au soutien psychosocial et médical approprié, au bon moment, aux mères et aux pères qui souffrent.

Il en va de la santé des personnes touchées, mais également du bien-être de toute la famille. Des traitements efficaces existent pour aller mieux, mais ceux-ci demeurent difficiles d’accès. Par ailleurs, les professionnels de la santé gagneraient à être mieux outillés pour dépister de façon précoce les troubles de santé mentale périnatale, qui peuvent parfois être décelables dès la grossesse. Enfin, il importe de reconnaître le travail et l’expertise des organismes communautaires sur le terrain qui accompagnent les parents et futurs parents dans l’apprentissage, la normalisation et la valorisation de leur nouveau rôle. Ils agissent en prévention et en complémentarité avec le réseau de la santé.

Il est impératif de sensibiliser davantage sur la question de la santé mentale périnatale et de garantir un meilleur accès aux ressources de soutien aux futurs et nouveaux parents, et ce, dans l’ensemble du Québec.

Consultez le site du Réseau des CRP
Consultez le site de l’AQSMP
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