L'importance des premières années de vie dans le développement d'un enfant n'est plus à prouver. Le Dr Jean-Yves Frappier nous le rappelle dans sa lettre ouverte. Le médecin poursuit en faisant appel à des rapports, bilans, opinions d'experts qui démontrent qu'au Canada, les très jeunes enfants sont cruellement négligés  sur le plan des politiques publiques. Il en découle, poursuit-il, que plusieurs d'entre eux entrent à l'école avec des troubles non dépistés et que 25% sont considérés comme vulnérables.

Publié le 16 janv. 2012
Brigitte Bruneau
Psychoéducatrice, l'auteure réagit à l'opinion du Dr Jean-Yves Frappier intitulée «Cruellement négligés», qui a été publiée samedi dernier.
LA PRESSE

L'importance des premières années de vie dans le développement d'un enfant n'est plus à prouver. Le Dr Jean-Yves Frappier nous le rappelle dans sa lettre ouverte. Le médecin poursuit en faisant appel à des rapports, bilans, opinions d'experts qui démontrent qu'au Canada, les très jeunes enfants sont cruellement négligés  sur le plan des politiques publiques. Il en découle, poursuit-il, que plusieurs d'entre eux entrent à l'école avec des troubles non dépistés et que 25% sont considérés comme vulnérables.

Vraiment?

Avons-nous vraiment omis d'agir?

C'est mal connaître, il me semble tout le travail qui est fait en CLSC par les équipes de stimulation précoce. A Montréal, tous les CSSS de l'île ont reçu dans les deux dernières années des enveloppes budgétaires pour offrir des services aux enfants de moins de 5 ans, en suspicion de retard de développement. AU CSSS St-Léonard et St-Michel, psychoéducatrices, orthophonistes et ergothérapeute reçoivent les enfants ou se rendent à domicile, valise de jouets en main pour plusieurs séances de stimulation. Ces professionnelles outillent les parents et soutiennent les services de gardes que fréquentent les enfants. Elles offrent aussi des ateliers parents-enfants, des soirées de groupe parents, des formations aux éducatrices. Qui plus est, elles participent avec leurs collègues de l'équipe éducation à des matinées de dépistage (plus de soixante enfants en septembre dernier) afin d'orienter rapidement les petits vers le bon service.

Omis d'agir, dites-vous?

Qu'il y ait des enfants qui entrent à l'école avec des problématiques non dépistées, c'est possible, mais qu'ils soient nombreux, j'en doute. Il faudrait que les parents ne se soient doutés de rien, qu'ils n'aient pas consulté de médecin, que le service de garde ou la halte-garderie si l'enfant en fréquente un n'ait rien vu ou que l'infirmière n'ait rien remarqué lors des différentes vaccinations. À en juger par le nombre de dossiers avec lesquels nous travaillons au sein de l'équipe de stimulation précoce, j'ose croire qu'il s'agit d'un très petit nombre.