Kadhafi est mort, le tyran a été vaincu, après 42 ans de pouvoir absolu sur son peuple. Les gouvernements occidentaux, ayant fortement contribué à la libération du peuple libyen, se réjouissent haut et fort.

Normand Breault

Kadhafi est mort, le tyran a été vaincu, après 42 ans de pouvoir absolu sur son peuple. Les gouvernements occidentaux, ayant fortement contribué à la libération du peuple libyen, se réjouissent haut et fort.

Mais combien d'autres tyrans, despotes et dictateurs poursuivent la destruction de leur peuple! Birmanie, Syrie, Chine, Arabie saoudite, ces peuples et plusieurs autres survivent sous la férule de personnes ou de groupes autoproclamés chefs de nation, sans mandat reçu du peuple et pour le peuple. Cela n'empêche en rien les puissances occidentales - et encore moins les gens d'affaires qui leur sont intimement liés - de faire des affaires avec les systèmes en place. Mais quelle importance accorde-t-on au peuple chinois, ou birman, ou saoudien, dans les tractations commerciales engagés avec ces dominateurs de peuple?

Il faudra bien qu'un jour, les gouvernements occidentaux soient contraints d'arrêter de rechercher les seuls avantages financiers (réservés trop souvent à un faible pourcentage de la population), et de forcer leurs vis-à-vis à respecter les peuples, et tous leurs citoyens, dans leurs droits fondamentaux tant individuels que collectifs.

Il est, en effet, grandement temps d'en finir avec ces molles incitations, à huis clos, en faveur d'un plus grand respect des libertés, en faveur de l'abandon des abus physiques dont trop de personnes sont victimes dans ces pays. Il est grandement temps que soient coupés les liens avec  ces pouvoirs illégitimes sans attendre le jour où ils n'apparaissent plus utiles à l'enrichissement des riches du Nord. Il est grandement temps d'en finir avec ces interventions militaires qui visent d'abord et avant tout l'accaparement de richesses naturelles comme le pétrole, interventions drapées dans les nobles mais fallacieuses motivations de libération des peuples qu'on a laissés maltraiter pendant 42 ans, comme dans le cas de la Libye.

Les jeunes indignés du square Victoria et de toutes les autres grandes villes du monde représentent cet espoir réel d'en finir. Ces jeunes témoignent d'un sursaut de conscience citoyenne auquel toute la population aurait intérêt à se joindre.