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Les faux vice-présidents descendent de leur piédestal

L'un des articles du projet des Autorités canadiennes en... (Photo François Roy, archives La Presse)

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L'un des articles du projet des Autorités canadiennes en valeurs mobilières prévoit que les conseillers « ne peuvent utiliser un titre, une désignation, une récompense ou une reconnaissance qui se fonde partiellement ou entièrement sur leur volume de vente ou leur chiffre d'affaires généré ».

Photo François Roy, archives La Presse

À la Place Ville Marie, où nichent la plupart des grandes firmes de courtage, j'ai parfois l'étrange impression qu'il n'y a que le concierge qui n'est pas vice-président.

Directeur principal, vice-président, premier vice-président... Les courtiers en placement s'affublent de toutes sortes de titres honorifiques pour en mettre plein la vue aux investisseurs. Une vraie mascarade!

Il était temps que les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) mettent leur pied à terre et interdisent ces titres pompeux et trompeurs qui garnissent les cartes professionnelles des conseillers.

L'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM), qui veille à l'autoréglementation des firmes de courtage, avait déjà invité l'industrie à cesser d'induire le public en erreur avec ces titres exagérés. Mais la méthode douce n'a pas été suffisante pour faire descendre les faux vice-présidents de leur piédestal.

Soyons clairs, ces conseillers ne sont vice-présidents de rien du tout. Ils ne tiennent pas le gouvernail de la firme. Ils n'ont aucune portée de gestion, si ce n'est leur adjointe ou un employé qui leur prête main-forte dans la gestion des portefeuilles.

En fait, les titres de vice-président ou de premier vice-président leur sont plutôt décernés en fonction de leurs performances. Combien d'actifs ont-ils amassés? Combien de revenus engrangent-ils annuellement? Voilà comment ils obtiennent leur titre de noblesse.

Mais ce sera bientôt de l'histoire ancienne, car les ACVM qui regroupent les régulateurs provinciaux proposent d'interdire cette pratique dans un avis diffusé à la fin de juin. Le changement fait partie d'un vaste projet de réforme visant à remettre les intérêts des clients au premier plan dans l'industrie du placement.

L'un des articles prévoit que les conseillers « ne peuvent utiliser un titre, une désignation, une récompense ou une reconnaissance qui se fonde partiellement ou entièrement sur leur volume de vente ou leur chiffre d'affaires généré ».

Fort bien!

Il faut faire un grand ménage dans les titres des professionnels de la finance. Un peu d'uniformité ferait le plus grand bien pour aider le grand public à s'y retrouver. 

Toutes ces appellations non réglementées sèment la confusion chez les investisseurs qui doivent absolument s'assurer de faire affaire avec un vrai conseiller dûment inscrit auprès des autorités.

Avant de confier leurs épargnes au premier venu, l'Autorité des marchés financiers (AMF) encourage d'ailleurs les investisseurs à consulter son Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer.

Mais ne cherchez pas le titre de courtier dans ce registre. Officiellement, le terme « courtier » sert à désigner l'entreprise. Les individus qui travaillent pour la firme de courtage s'appellent des « représentants ».

Avec un titre officiel aussi peu évocateur, on comprend que les représentants s'inventent d'autres noms qui n'ont pas de fondement légal. Certains se présentent comme des spécialistes en placements, des experts en gestion de patrimoine, des gestionnaires de fortune, alouette!

C'est sans compter toutes ces petites lettres qui témoignent de leurs études : CFA, MBA, FICA, M. Fisc., Pl. Fin., Adm. A, CGA, CMA, CA... Je pourrais continuer longtemps, car le Glossaire des titres de compétence en finances de l'OCRCVM compte presque 70 titres différents. À en perdre son latin!

Évidemment, une solide formation scolaire est un atout. La participation à un ordre professionnel reconnu l'est aussi.

Mais pour l'épargnant, le plus important reste de savoir si l'expert qui est devant lui est titulaire du permis requis pour vendre les produits financiers.

REPRÉSENTANT (EN PLACEMENT)

Dans une firme de courtage, c'est celui qui peut conseiller les clients pour acheter et vendre un large éventail de produits : fonds communs de placement, fonds négociés en Bourse (FNB), actions, obligations, etc.

REPRÉSENTANT EN ÉPARGNE COLLECTIVE

Il distribue uniquement des fonds communs de placement.

CONSEILLER EN SÉCURITÉ FINANCIÈRE

Il distribue de l'assurance de personne (ex. : invalidité, vie, maladie grave, rente, etc.).

REPRÉSENTANT EN PLANS DE BOURSES D'ÉTUDES

Offre des parts de plans de bourses d'études qui peuvent être insérés dans un Régime enregistré d'épargne-études (REEE). D'autres conseillers peuvent offrir des placements différents pour le REEE.

PLANIFICATEUR FINANCIER

Titulaire d'un diplôme de l'Institut québécois de planification financière, le planificateur conseille les investisseurs sur l'ensemble des sujets de finances personnelles : retraite, placements, assurances, succession, etc. Souvent, il a une autre licence pour vendre des produits financiers.

DES CHIFFRES ET DES LETTRES

B.A.A. : baccalauréat en administration des affaires

B. Sc. : baccalauréat ès sciences (actuariat)

CFA : analyste financier agréé (Chartered Financial Analyst)

FICA : fellow de l'Institut canadien des actuaires

M. Fisc. : maîtrise en fiscalité

MBA : maîtrise en administration des affaires (Master of Business Administration)

Pl. Fin. : planificateur financier qui s'occupe de tous les aspects de la finance personnelle

CPA : comptable professionnel agréé




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