Sans tambour ni trompette, Desjardins a rabaissé de 5 % à 2 %, en juillet, le paiement minimum sur ses cartes à taux réduit, qui représentent environ 20 % de ses 3,8 millions de comptes clients.

Publié le 16 août 2015
Stéphanie Grammond LA PRESSE

Ne vous méprenez pas : c'est loin d'être un cadeau pour les détenteurs. Les clients qui réduiront leur paiement mensuel resteront coincés avec leurs dettes pendant de longues années et paieront beaucoup plus d'intérêts.

Une vraie manne pour les émetteurs de cartes qui ont tous réduit leur paiement minimum de 5 % à 2 ou 3 % au cours des dernières décennies.

Ce changement apparemment anodin fait en sorte que les clients les plus vulnérables se retrouvent à payer des intérêts pratiquement pour l'éternité !

En 2011, Desjardins avait pris l'initiative de remonter son paiement minimum à 5 %, alors que le gouvernement du Québec s'apprêtait à l'imposer à l'industrie. Malheureusement, la loi n'a jamais été adoptée. Et les autres émetteurs n'ont pas suivi.

Aujourd'hui, Desjardins fait marche arrière. « Les mauvaises créances continuaient d'augmenter. Certains clients étaient en retard dans leurs paiements, ce qui n'est pas bon pour leur dossier de crédit », justifie le porte-parole André Chapleau.

Certes, la baisse du paiement minimum leur donnera un peu plus de flexibilité. Mais à quel prix ! Surtout que Desjardins relèvera aussi d'un point de pourcentage le taux d'intérêt de ses cartes à taux réduit.

Avec un nouveau taux de 10,9 % et des frais annuels de 50 $, la carte Visa Or Modulo reste un choix valable, considérant que la plupart des cartes à taux réduit ont un taux de 12 % et 15 %.

Mais on peut trouver mieux. Jetez un coup d'oeil sur la carte Syncro MasterCard de la Banque Nationale (taux 8,9 % variable, frais annuels de 35 $) ou sur la Vraie Ligne de MBNA (9,9 %, sans frais annuels).

Petite question en terminant : ne serait-il pas temps que les relevés de comptes de Desjardins précisent le temps nécessaire pour rembourser le solde en faisant seulement le paiement minimum, comme on le voit dans le reste de l'industrie ? Il me semble que ce serait la moindre des choses, même si la coopérative n'y est pas tenue, étant de compétence provinciale.

Exit l'assurance location d'auto

Par ailleurs, Desjardins a supprimé l'assurance location d'auto sur ses cartes Modulo et Élégance Or depuis le 1er mai.

Or, beaucoup de clients n'en savaient rien. Ils étaient incrédules, surpris et fâchés de se faire retirer cet avantage sans en être informés, m'a raconté Robert Lalonde, vice-président de Discount. L'entreprise de location avait pris soin de prévenir sa clientèle après avoir eu vent des changements.

Pour tout dire, Desjardins a avisé en mars ses détenteurs des changements prévus, respectant le préavis réglementaire d'un mois. Un encart a été glissé avec les relevés de compte papier, tandis que les clients qui reçoivent une facture électronique devaient cliquer sur un lien pour lire l'encart.

Mais les consommateurs qui se contentent de vérifier leurs transactions et d'acquitter leur solde n'ont rien vu passer. Certains ont probablement circulé sans être assurés, comme cette dame qui m'a fait part de ses doléances : « Ce n'est pas possible qu'on nous ait laissés dans l'ignorance ! »

À son avis, Desjardins aurait dû envoyer une lettre en bonne et due forme pour prévenir la clientèle. Bien d'accord avec elle.

Desjardins réplique que cela coûterait cher. Peut-être. Mais si les émetteurs sont prêts à vous envoyer une belle lettre pour vous offrir une limite de crédit plus élevée, ils peuvent certainement vous en envoyer une pour vous informer des changements majeurs qu'ils vous imposent.

Tant qu'à y être, les émetteurs de cartes pourraient aussi aviser des changements toutes les entreprises de location de voitures qui sont bien placées pour relayer l'information aux conducteurs. Mais ce n'est pas dans les habitudes des émetteurs.

Beaucoup de changements passent dans le beurre : modification de la période de location couverte, limitation des modèles de véhicules couverts, etc. « On vit le drame lorsque les gens font une réclamation. Il y a beaucoup de larmes », dit M. Lalonde.

Petit conseil : avant de louer un véhicule, vérifiez les clauses de votre assurance en téléphonant au numéro de téléphone qui figure au dos de votre carte de crédit.

Mais pourquoi Desjardins a-t-il retiré l'assurance location d'auto ? Un sondage lui a démontré que 98 % de la clientèle ne valorisait pas ce privilège. « On l'a donc remplacé par une protection contre le bris, la perte ou le vol d'un appareil mobile, ce qui répond davantage aux besoins », explique André Chapleau.

Desjardins guide les clients qui ont besoin d'une assurance location d'auto vers sa carte Or Odyssée, plus complète mais aussi plus coûteuse (110 $ de frais annuels).

Mais les clients qui recherchent une carte sans frais annuels assortie d'une assurance location de voiture peuvent se tourner vers d'autres institutions financières. Ce n'est pas le choix qui manque.

Des idées ? La carte RemisesPlus Platine MasterCard de Capital One, la carte Platine CIBC VISA, la carte Visa TD Or Sélect, la carte Visa Or RBC Récompenses ou encore la carte VISA Or Scotia sans frais annuels.

Consultez l'outil de sélection de l'ACFC 

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