D'abord, il faut saluer le courage des artistes québécois qui acceptent de plonger à l'émission Le grand saut du réseau V. Non pas parce que c'est risqué ou dangereux de se jeter du haut de la tour de dix mètres, mais bien parce qu'ils paraderont en petit maillot de bain devant des dizaines de milliers de téléspectateurs.

Hugo Dumas LA PRESSE

Comme les vrais athlètes olympiques, les plongeurs de sexe masculin au Grand saut s'exécutent en microshorts ajustés, juste un peu moins révélateurs que les speedos qu'a enfilés Alexandre Despatie pendant toute sa carrière. Mettons qu'il faut aimer son corps et l'accepter dans ses moindres replis pour se dévoiler ainsi. Et cette fois-ci, l'épreuve du maillot de bain est beaucoup plus difficile pour les hommes que pour les femmes.

Dans une industrie basée sur l'image comme celle de la télévision, où tout est retouché ou gommé en postproduction, ce détail n'est pas anodin. Le grand saut, qui démarre ce soir à 19h, nous montre des vedettes peu maquillées, qui sortent de l'eau les cheveux aplatis, les yeux rougis par le chlore. Rien de bien glamour. Heureusement, l'éclairage est flatteur et la production n'abuse pas de gros plans inutiles.

Est-ce que c'est bon, cette nouvelle production adaptée du format allemand Stars in Danger? Oui et non. Les quatre premiers braves que vous verrez sur le tremplin se divisent en deux catégories très distinctes: les athlètes et les non-sportifs.

Ancienne gymnaste, l'ex-staracadémicienne Émily Bégin est épatante. Elle fait toutes sortes de pirouettes et n'a peur de rien. Le chanteur Jean-François Breau est aussi un gars très en forme. Il repousse ses propres limites et cela donne de la bonne télévision.

C'est la deuxième catégorie, réunissant l'animatrice Maripier Morin et l'humoriste Stéphane Fallu, qui pose problème.

D'abord, les deux ont le vertige, ce qui n'est vraiment pas idéal quand vient le temps de sauter du trois mètres. À l'entraînement, Maripier Morin fond en larmes fréquemment parce qu'elle a peur de se lancer dans le bassin. Sa coach Marie-Ève Marleau passe donc tout son temps à jouer à la psychologue au lieu de lui enseigner des mouvements. C'est agaçant.

Ça me fait penser aux cuistots amateurs qui s'inscrivent à Un souper presque parfait, mais qui sont allergiques à tout ce qui existe dans une cuisine normale. Parfois, il vaut mieux rester chez soi.

Stéphane Fallu réussit à vaincre sa peur des hauteurs. C'est une belle victoire pour lui. Du point de vue du téléspectateur, par contre, c'est inintéressant. Ce que nous voulons voir au Grand saut, ce sont des gens qui se surpassent, qui nous surprennent ou qui se cassent la margoulette. Pas des gens qui tremblent avant de faire un plongeon d'un degré de difficulté zéro. Malheureusement, en visionnant Le grand saut, le téléspectateur dira souvent: pfft, y a rien là.

Côté décor, c'est splendide. Tournée au Parc olympique devant un public survolté, cette émission de variétés aquatique en met plein la vue et la musique de Radio Radio (Jacuzzi) ou de DJ Champion (Alive Again) électrise les partisans.

Les quatre braves, qui changeront toutes les semaines, plongent pour une oeuvre de bienfaisance de leur choix. Ils disposent de deux chances pour épater les trois juges très (trop?) cléments, soit deux plongeurs (Alexandre Despatie et Jennifer Abel), ainsi que le danseur-chorégraphe Jean-Marc Généreux à l'énergie un peu trop débordante.

Si vous n'avez pas aimé le dynamisme expansif de Jean-Marc Généreux à Tout le monde en parle, vous ne l'apprécierez pas davantage sur les ondes V, où il lancera à Jean-François Breau: «Plus c'est haut, plus c'est Breau».

Benoit Gagnon, coanimateur de MCBG, assure les liens entre les segments de l'émission. Il réalise aussi les entrevues avec les plongeurs quand ils sortent de la piscine. C'est bien, mais j'espère que les futurs candidats nous impressionneront un peu plus. Allez, une vrille de plus pour la qualité du spectacle.

La voix toujours au top

La fin des auditions à l'aveugle et le début des duels, une étape habituellement moins populaire auprès des téléspectateurs, n'a pas trop nui à La voix. Dimanche soir, l'émission vedette de TVA a réuni 2 681 000 personnes devant le petit écran. À Radio-Canada, Tout le monde en parle a légèrement dépassé la barre magique du million (1 070 000). À TVA, la popularité de LOL: -) (1 437 000) continue de me dépasser. J'essaie d'aimer ça, vraiment, mais j'en suis incapable. La deuxième émission d'Accès illimité a récolté une audience évaluée à 1 055 000 fidèles.

Vendredi soir, Les bobos de Télé-Québec n'ont été regardés que par 87 000 amateurs. Un chef à la cabane a pratiquement fait le double avec 155 000 gourmands à l'écoute.