Coucou, les amis lovés dans l'alcôve en Algarve! Vous croyiez - à tort - que l'on vous avait totalement abandonnés à vos séances de bronzette portugaises, à vos pantalons trois-quarts à cordons et à vos chandails American Apparel trop serrés?

Hugo Dumas LA PRESSE

Avant de «péter une coche solide», comme les gars dimanche soir, une courte réflexion. C'est probablement ceux qui regardent le moins Occupation double à TVA qui chialent le plus contre cette téléréalité sulfureuse. Avant de crier au déclin de la civilisation occidentale ou à la perte des valeurs morales comme le ferait Denise Bombardier, faudrait peut-être s'en enfiler une émission complète, non?

De retour à la télé des épilés, on constate que les enfants de Jean-Paul Belleau, ce séducteur incorrigible imaginé par Lise Payette dans les années 80, sévissent en force au petit écran. Le nouveau macho typique d'une certaine frange de la génération Y, c'est le paysagiste et barman Dany, 24 ans, incapable d'articuler une pensée cohérente sans la finir par «c'est nice, chu content», mais capable de faire flancher une Caroline de bonne famille, aveuglée par les tatouages, sans doute. Parce qu'à part les tatouages (et la grosse montre blanche), on ne voit pas trop ce qu'il y a d'aveuglant chez Dany.

C'est assez étonnant de constater que certaines filles en 2011, malgré tous les avertissements lancés par leurs mères et malgré les nombreux personnages de cocufiées tristes qui ont peuplé l'univers de Mme Payette, craquent encore pour des Jean-Paul Belleau en culotte courte, archétype de l'homme enfant qui butine d'une fleur à l'autre sans jamais se poser sur la rose ultime.

«Maudit que je suis conne», a pleuré la belle Caro que Dany a séduite, embrassée, trompée et jetée à la mer en moins de temps qu'il n'en faut pour crier «rapprochements». Beau travail de macho, «le gros». Bien évidemment, Caroline en a payé le prix et a été évincée au terme d'un souper où l'acrimonie dominait chez les gars.

«Je ne sentais pas que j'avais une dette envers Caroline, aucunement. Je ne lui dois rien», a justifié Dany, revenu les yeux pétillants d'un voyage en Italie avec Christyna. Ken aurait-il trouvé sa Barbie? Non, rayez ça. Car dans sa logique un peu tordue de mannequin de centre commercial, Christyna prendrait sûrement le mot Barbie comme un compliment.

Le plus comique dans toute la «romance» unissant Christyna à Dany, c'est cette phrase lancée par la blonde platine après leurs parties de jambes en l'air, toutes filmées par les caméras d'OD, rappelons-le: «C'est personnel, je veux garder ce moment magique là pour moi, pour nous deux.» Pour toi, pour vous deux et pour les 1 707 000 téléspectateurs qui se sont rincé l'oeil dimanche soir, ma belle.

Christyna, c'est aussi une poétesse du quotidien (pas une Michèle Lalonde, mais presque). Impressionnée par les paysages de la côte amalfitaine, elle s'est exclamée: «C'est la plus belle vue que j'ai vue.» Très songé comme remarque. Loin des McMaisons, les dialogues entre la belle et la bête en escapade italienne ont rivalisé de profondeur et de substance. «Sérieusement, je trippe vraiment», a roucoulé Christyna, pendue au bras de son Roméo du 450. «C'est super cool», a répondu Dany, avant de proposer à sa dulcinée, très subtilement, d'aller se coller. Insérez ici un clin d'oeil complice.

Il est faux d'affirmer que l'on n'apprend rien en se branchant sur Occupation double, mais il faut tout même prendre un certain recul «pour mieux apprécier la vibe que ça l'apporte», dixit Nancy. Grâce à OD, on découvre que les gars jacassent autant que les filles dans le dos de leurs rivaux. «Dany, c'est pas un king de la séduction. Il fait juste ramasser des filles à trois heures moins quart ben soûles», a persiflé Étienne, étendu dehors aux côtés de Georges-Olivier.

Grâce à OD, on constate que la violence verbale, ce n'est pas évident, mais ça fait toujours mal. «T'es pas amanché pour me la fermer icitte, ma gueule», a beuglé Georges-Olivier en direction de Dany, qui s'est ensuite fait dire par Étienne qu'à 160 livres, il ne pesait pas lourd dans la discussion.

Grâce à OD, on comprend que les gars, eux aussi, discutent de stratégie. «Il l'a eue, sa semaine de plus, astheure, il va décâlisser», a averti Étienne, qui voudrait bien qu'un commando secret le débarrasse de Dany comme s'il s'agissait de ben Laden ou Kadhafi.

Et grâce à OD, on sait maintenant que cette téléréalité, selon Christyna, ce n'est en fait qu'un gros «jeu de sociécé (sic)». Espérons pour elle que ce jeu de «sociécé» n'est pas Quelques arpents de pièges.

Je lévite

Avec le roman La tendresse attendra de Matthieu Simard. Pas un autre bouquin sur une peine d'amour atroce? Ouep. Mais dans celui-ci, teinté d'humour, il y a une boutique de plomberie vraiment glauque, un personnage qui s'appelle Moustache, une botte trouée, un revolver, des cigarettes au menthol et une fin que l'on ne voit pas venir. Ça se traverse en deux soirées.

Je l'évite

L'amour démesuré du cachemire. Oui, du cachemire, du vrai, c'est doux et soyeux et on a le goût de s'enfouir le nez dedans quand il s'agit d'un chandail ou d'un foulard. Mais pas du Cashmere, OK? Dans la vie, il y a des choses qui ne sont pas faites pour se frotter le visage dans une pub ou pour en confectionner des robes.

Pour joindre notre chroniqueur: hdumas@lapresse.ca