Après le phénomène Moneyball, qui nous présentait un tout nouveau regard sur le baseball en étudiant certaines statistiques jusque-là négligées, des chercheurs américains se sont attaqués au soccer, un sport qui n'est pas dominé par les chiffres et qui se fie parfois à de vieilles croyances. Elles ne tiennent pas toujours la route.

Ronald King LA PRESSE

Chris Anderson, ancien gardien devenu enseignant, et l'économiste David Sally ont uni leur passion pour les chiffres et coécrit The numbers game, Why everything you know about soccer is wrong.

Les deux hommes ont épluché 8000 matchs de soccer disputés entre 2005 et 2011 dans les premières divisions anglaise, allemande, espagnole et italienne. Le New York Times a publié en primeur quelques conclusions samedi dernier...

- Les coups de pied de coin ont moins d'importance qu'on ne le croit. Ils produisent seulement 9 % des buts.

- Il est faux de croire qu'une équipe est la plus vulnérable immédiatement après avoir marqué un but, comme le veut une vieille croyance populaire. En fait, le contraire est vrai.

- Un pays ravagé par la guerre produit des joueurs moins disciplinés et plus souvent punis par les officiels.

- Alors que les salaires élevés vont aux marqueurs de but, les championnats sont remportés par les joueurs obscurs, mais efficaces en défense. (Les amateurs de hockey s'en doutaient...)

- Le soccer est le sport majeur où les favoris gagnent le moins souvent, soit un peu plus de 50 % - contre 60 % au baseball et 70 % au football américain.

- Les joueurs qui marquent le plus de buts sont moins importants que ceux qui marquent dans les moments cruciaux.

On imagine que les travaux d'Anderson et de Sally seront reçus avec un certain scepticisme dans les grands pays traditionnels de soccer.

Ces gens devraient tout de même revoir les exploits des A's d'Oakland de Billy Beane. Parfois, les vieux dépisteurs se trompent.

Et parfois, ce que l'on considère depuis toujours comme une vérité absolue...

Les Expos ou quoi?

Vos nombreuses suggestions pour remplacer le surnom des Expos (en cas de retour) m'ont permis d'apprendre que Nos Z'Amours devaient s'appeler les Royaux, en hommage à leurs ancêtres, dont Jacky Robinson, mais la ville de Kansas City a devancé Montréal d'un an. Merci aux savants lecteurs.

Jusqu'ici, j'aime bien la suggestion de Patrick Dunlavey: les Maires de Montréal, qui sonnent bien dans les deux langues (The Montreal Mayors). Mais il faudrait expliquer aux autres clubs et à leurs partisans, et ça serait long.

Michel Rouette propose les Revenants, qui ferait québécois et qui serait aussi exact.

Les Pots-de-vin, les Nids-de-poule, les Olympiques, les Incorruptibles, les Phénix ont tous reçu quelques votes.

Selon un lecteur, les symboles animaliers de Montréal sont les Écureuils, les Pigeons et les Ratons laveurs. Non, merci...

Michel Girard tient absolument à confondre les Américains, et il propose les Surcharges pondérables de Montréal. Très bien, mais difficile à traduire.

En ces temps de dopage au baseball comme ailleurs, François Pelland suggère les Epos.

Enfin, de Québec, Jérôme Fortin nous encourage à nous débarrasser en même temps de la casquette tricolore et de l'uniforme bleu poudre que le club portait à l'étranger.

Merci à tous d'avoir pris le temps...