J'ai toujours aimé Erik Cole. Autant le joueur combatif qui s'est remis d'une terrible blessure à la nuque pour soulever la Coupe Stanley en 2006 que l'homme, avec qui j'ai toujours aimé discuter.

François Gagnon LA PRESSE

Inversement, je n'ai jamais aimé Michael Ryder. Autant le joueur, qui ne serait rien sans son tir foudroyant, que l'homme dont les réponses s'essoufflent dès le quatrième mot. Parfois avant...

Malgré ces deux confessions, Marc Bergevin a fait, selon moi, une excellente transaction en envoyant Cole aux Stars de Dallas en retour de Ryder et d'un choix de troisième ronde au prochain repêchage. Une variable qui pourrait peser lourd lorsqu'on analysera cette transaction dans trois, quatre ou cinq ans.

Côté hockey, Cole profite d'une bien meilleure réputation que Ryder. Le combat est même inégal. Mais derrière l'image de leader que projette Cole, derrière celle du gaillard rapide et robuste se cache un client pas commode à gérer. Cole est un joueur exigeant. Un joueur à traiter aux petits soins. Ça n'en fait pas un mauvais joueur, encore moins un mauvais homme. Et il n'a rien d'une pomme pourrie. Mais quand ça ne va pas comme il le veut, voire comme il le souhaite, Cole n'est pas commode.

Ryder est un gars beaucoup plus simple. Il n'est pas le genre à imposer ses vues lors d'une réunion d'équipe. À remettre en question les plans de match. Il se contente de les comprendre, pour ensuite les appliquer. Ou tenter de le faire.

Mais quand vient le temps de marquer des buts, Ryder n'a rien à envier à Cole. Non seulement est-il deux ans plus jeune que Cole, mais il tire de la droite. Deux points en faveur de l'ancien du Canadien.

Joueur autonome à la fin de la saison, Ryder aura en plus tout intérêt à donner ce qu'il a de mieux à offrir au Canadien pour obtenir un autre contrat lucratif l'an prochain. À Montréal ou ailleurs.

Dans le cas de Cole, il comptait sur un salaire de

4 millions - 4,5 millions sous le plafond - l'an prochain et la saison suivante. Les signes de ralentissement remarqués cette année menaçaient d'être plus évidents l'an prochain. On ose à peine se demander ce qu'ils auraient été dans deux ans...

En se libérant des contrat de Cole et de Scott Gomez, sans oublier qu'il pourrait profiter de l'amnistie pour racheter le contrat de Tomas Kaberle l'été prochain, Marc Bergevin aura entre 9 et

13 millions à offrir à des joueurs autonomes de premier plan le 1er juillet prochain ou à dépenser dans le cadre d'une transaction importante. Il s'est aussi, et surtout, offert une grande marge de manoeuvre sous le plafond. Un atout qui vaut de l'or dans le hockey d'aujourd'hui.

Même si on peut afficher des doutes à l'égard de Ryder, la transaction réalisée par le Canadien hier représente un bon coup à très bon coût.