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Un émoi injustifié

André Pratte
La Presse

Annoncée il y a 5 mois, l'acquisition d'Astral Média par BCE suscite tout à coup l'émoi parmi les politiciens québécois en campagne électorale. En fin de semaine, le Parti québécois s'est engagé à prendre «tous les moyens» pour empêcher la transaction. «Si ce projet se concrétise, a dit le député Maka Kotto, le Québec perdra un nouveau siège social, il perdra le contrôle d'une grande partie des canaux de diffusion de sa culture, qui sera aux mains d'un géant dirigé depuis Toronto.» Le PQ a parlé de recourir à la Caisse de dépôt, de contester la transaction devant les tribunaux et même de l'interdire par loi.

Cette sortie de M. Kotto étonne parce que, depuis la conclusion de l'entente entre Bell et les dirigeants d'Astral, le Parti québécois ne s'y était pratiquement pas intéressé. Il a fallu que Québecor et Cogeco lancent un cri d'alarme, la semaine dernière, pour que les péquistes voient soudainement dans cette affaire une «menace grave» pour le Québec.

L'achat d'Astral par BCE est la plus importante transaction de l'histoire dans le domaine des médias au Canada. Si elle est approuvée par le CRTC et par le Bureau de la concurrence, elle consolidera la force de Bell en télévision (CTV) et en radio au Canada anglais, tandis qu'au Québec, elle créera un second géant de la taille de Québecor.

Un changement de cette envergure soulève des questions importantes que les organismes responsables devront examiner avec soin. Cependant, il est paradoxal d'entendre des intervenants dont les préoccupations sont uniquement québécoises - au PQ s'ajoutent la Coalition avenir Québec et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal - rester silencieux sur l'aspect le plus avantageux de la transaction: la fusion Bell-Astral mettra un terme à la domination sans partage de Québecor dans le marché médiatique de la province, domination dont plusieurs, y compris au sein de la classe politique, déplorent depuis longtemps les effets pervers. Québecor détient actuellement une part de 35% du marché télévisuel francophone dans la province; Bell-Astral atteindra 32%. On peut prévoir une concurrence très vive entre les deux entreprises de distribution et de contenu, concurrence dont ne pourront que profiter les consommateurs, les annonceurs et le milieu culturel.

Parmi les inquiétudes légitimes soulevées au Québec, il y a le fait que le siège social de Bell Média se situe à Toronto. Les émissions d'Astral seront-elles de plus en plus produites au Canada anglais, au détriment de la télévision québécoise distincte qui a fait son succès? À cet égard, la meilleure garantie vient du fait que si cela arrivait, Bell se tirerait dans le pied.

Pour ce qui est de l'hypothèse d'une intervention de la Caisse dans ce dossier, le fait que les péquistes semblent n'avoir rien appris de la dernière aventure de la Caisse dans le monde des médias, à coup de milliards d'argent public, est tout simplement consternant.




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