Dans le monde du soccer universitaire féminin, il y a une grosse machine bleue, celle des Carabins de l'Université de Montréal, classée au premier rang canadien.

Ronald King LA PRESSE

Neuf victoires, aucune défaite, une nulle et cinq victoires par blanchissage.

J'ai eu l'occasion de les voir à l'entraînement quelques fois et j'ai toujours été surpris par la robustesse du jeu. «On est plus rudes que les gars, on est faites fortes», nous apprend, mi-blagueuse, Eva Thouvenot-Hébert, striker et joueuse par excellence de la dernière semaine au Québec.

L'entraîneur Kevin McConnell, une ancienne gloire des Redmen de McGill, confirme: «Une des forces de notre équipe est sa combativité et son intensité. Et puis, le soccer est un sport de contact, qu'on le veuille ou non.»

Parmi les 11 partantes des Carabins, huit en sont à leur dernière année d'admissibilité. C'est le temps ou jamais pour un premier championnat canadien.

Claudiane Tremblay, surnommée «Mommy», est la capitaine de l'équipe. Elle est aussi avocate depuis un an et elle revient pour une maîtrise en droit commercial et une dernière année de soccer. (Elle est aussi la blonde de Mathieu Brossard, ancien bloqueur étoile des Carabins au football et «beau bonhomme».) La capitaine décrit son équipe: «Beaucoup d'expérience, un bon équilibre défense-attaque, et les deux meilleures gardiennes de but, Sarah Therrien et Martine Julien.»

Eva ajoute: «On a commencé la saison lentement et on a toujours progressé. En deuxième demie de saison, nous avons démarré avec force. Et puis, nous n'avons pas eu trop de blessures, contrairement aux autres années...»

Les gars et les filles...

Et l'esprit de groupe?

«Il est ce qu'il devrait être, explique Claudiane. Ce n'est pas évident avec des filles, elles sont différentes des gars, vous savez. Nous sommes 25 pour 11 postes et il y a des frustrations. Les gars s'engueulent fort et ils oublient aussitôt. Ce n'est pas pareil chez les filles, les problèmes traînent, les rancunes demeurent... Mais nous arrivons à bien nous entendre.»

Il reste quatre matchs à la saison régulière et les Carabins sont confortablement installés en tête du classement, devant l'Université de Sherbrooke, le Rouge et Or de Laval et les Martlets de McGill. Il y aura ensuite les séries éliminatoires québécoises et la grande finale canadienne aura lieu à l'Université McGill à la mi-novembre. C'est là l'objectif.

«Nous sommes toujours parmi les favorites, mais nous n'avons jamais gagné le championnat canadien, explique Mommy la capitaine. Les équipes de l'Ouest canadien sont fortes. De notre côté, nous n'accordons pas d'importance au classement. C'est la performance qui compte, pas les résultats. On peut gagner des matchs où on a mal joué et vice versa. Nous travaillons sur la performance d'abord.

Le coach

Kevin McConnell a remporté le championnat canadien avec les Redmen en 1997. Il ne tient rien pour acquis malgré la saison spectaculaire de son équipe.

«Nous avons tous les morceaux pour tout gagner, mais ça ne veut rien dire. Nous avons plusieurs filles qui en sont à leur dernière année, mais cela leur ajoute de la pression aussi.

«Nous avons une équipe qui a du caractère et de l'expérience, ce qui est bien. On ne craint personne, mais ça ne nous garantit rien. Cette année ou les autres, on vise toujours le même championnat.»

McConnell, qui dirige les Carabins depuis sept ans, mentionne un collège de Colombie-Britannique, le Trinity Western, comme adversaire toujours redoutable. Il s'agit d'une école basée sur l'étude de la religion, comme il s'en trouve dans l'ouest des États-Unis et du Canada.

«Une petite école, mais il y a deux ans, elle nous a battus en finale canadienne dans les tirs de barrage...»

Cette année, Mommy et sa bande ne se contenteront pas d'un acte de présence.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Les Carabins de l'Université de Montréal sont au premier rang du soccer universitaire féminin au Canada.