Les sourires qu'affichaient Max Pacioretty et David Desharnais samedi matin étaient de très bon augure. Après avoir terrorisé leurs adversaires dans la Ligue américaine l'an dernier, Pacioretty et Desharnais obtenaient l'occasion de prouver qu'ils pouvaient aussi y arriver dans la LNH. Enfin!

François Gagnon LA PRESSE

Flanqués d'Andrei Kostitsyn, les deux jeunes ne se sont pas contentés de sourire. Desharnais a donné l'occasion à Pacioretty de marquer le premier but du Canadien. Pacioretty l'a remercié en offrant à Desharnais le but qui donnait une avance de 5-4 au Tricolore en fin de troisième.

Bon! Le Canadien a finalement encaissé un revers de 6-5 en tirs de barrage. Mais ce point perdu aux mains des jeunes joueurs de l'Avalanche qui hisseront bientôt cette équipe vers les sommets qu'elle a déjà occupés ne devrait pas effacer les signes encourageants relevés lors du match.

À commencer par cette belle complicité liant Desharnais et Pacioretty. Une complicité que Jacques Martin aurait tout intérêt à développer. Après tout, c'est Pacioretty lui-même qui a indiqué, l'an dernier, qu'il devait son retour dans la LNH à David Desharnais. Le meilleur joueur de centre avec qui il avait eu l'occasion de jouer depuis le début de sa carrière.

Ce n'est pas rien!

Et Gomez?

Vrai qu'il a connu ses meilleurs moments dans l'uniforme tricolore avec Pacioretty à sa gauche. Desharnais pourrait-il en connaître de meilleurs encore en étant jumelé à Pacioretty? Comme la réponse risque d'être positive, on se demande comment le Canadien pourrait les séparer avant de leur avoir accordé 3, 5, 10 matchs pour déployer tout leur talent, toute leur complicité.

Et si les résultats sont proportionnels au plaisir que ces deux jeunes semblent éprouver en jouant ensemble, les Gionta, Cammalleri, Kostitsyn et Cole frapperont à la porte du coach en proposant leur candidature pour compléter ce duo.

Price s'excuse, Subban devrait l'imiter

Autre point positif à relever de la défaite de samedi: l'attitude de Carey Price qui a convenu avoir failli à la tâche en laissant passer trois rondelles qu'il aurait dû stopper. Un autre signe de la nouvelle maturité affichée par le gardien. Un gardien qui devra être bien meilleur qu'il ne l'a été samedi si le Canadien veut accéder aux séries.

La maturité affichée par Price met d'autant plus en évidence le manque de maturité de P.K. Subban. Un manque de maturité normal considérant qu'il est encore très jeune et qu'en dépit de l'adulation dont il fait l'objet, il débute seulement sa deuxième saison dans la LNH.

Il est donc normal de voir Subban commettre des erreurs. Il est toutefois anormal de voir la nature des erreurs qu'il répète. Comme s'il se donnait le mandat de remplacer Markov, Campoli, Spacek et Cammalleri en même temps, Subban oublie de respecter les bases du hockey. On l'a vu multiplier les jeux individuels au fil des quatre premiers matchs. Tenter de déjouer un adversaire lorsque personne n'est derrière pour veiller est périlleux. Ça devient suicidaire lorsque cet adversaire s'appelle Paul Stastny, comme le fils du vénérable Peter l'a prouvé de brillante façon en marquant un but de toute beauté samedi.

Inquiétantes les erreurs de Subban? Bien sûr. Plus inquiétant encore, c'est de le voir s'élancer sur la glace comme s'il croyait que tout lui est permis maintenant qu'il a une année d'expérience derrière lui.

La confiance c'est bien. Même lorsqu'elle est teintée d'un brin ou deux d'arrogance. Mais depuis le début de la saison, Subban surfe sur un déluge d'arrogance. Un déluge qui lui attire les ovations des partisans, mais qui noie ses coéquipiers.

Si les blessures ne minaient pas autant sa brigade défensive, Jacques Martin pourrait jongler avec l'idée de faire sauter un tour ou deux à sa jeune vedette. Il pourrait même lui faire sauter un match. Mais pour le moment, qui donc prendrait sa place?

Cole et l'attaque à cinq

Erik Cole a récolté, samedi, son premier point en quatre matchs avec le Canadien. Une passe sur le but de Brian Gionta. La glace est donc brisée.

Ses succès en carrière aux dépens du Tricolore - 18 buts et 32 points en 34 rencontres, dont 4 buts et 7 points en 6 matchs de séries -, associés à son contrat faramineux de 19 millions pour 4 ans, ont certainement contribué à faire mousser les attentes des amateurs... et de quelques journalistes. On le voyait au sein du premier trio. On l'imaginait sauter sur la patinoire dès les premières secondes des attaques massives.

Pourtant: des 26 buts qu'il a marqués l'an dernier en Caroline, 3 seulement l'ont été lors d'attaques massives. Des 176 buts qu'il revendique en 624 matchs en carrière, Cole en a marqué 43 en supériorité numérique.

S'il occupe le 10e rang des marqueurs dans l'histoire des Canes avec 168 buts en 557 rencontres, Cole partage le 12e rang avec Ray Whitney pour les buts marqués lors d'attaques à cinq. Ils revendiquent tous deux 38 buts. Whitney les a toutefois marqués en 372 rencontres.

Après quatre matchs, Cole présente une moyenne d'utilisation de 14 min 37 s. Il est septième chez les attaquants. Cette utilisation fond toutefois à une moyenne de 68 secondes par match en avantage numérique.

Derrière Mathieu Darche.

Même si Cole n'est pas un as en attaque à cinq, il devrait malgré tout devancer le valeureux joueur de soutien qu'est Mathieu Darche dans la colonne du temps d'utilisation à cinq contre quatre. Une utilisation qui pourrait se traduire par quelques points en plus à la fiche offensive du Tricolore et quelques critiques en moins à l'endroit de Jacques Martin.

Photo: Bernard Brault, La Presse

David Desharnais et Max Pacioretty ont connu du succès en jouant ensemble samedi.