Huit longs mois après la reconstruction des ligaments ceinturant son genou droit, Josh Gorges patine avec aisance.

François Gagnon LA PRESSE

Sur la touche depuis le 26 décembre dernier, le défenseur renouera avec la compétition le 6 octobre, à Toronto, où le Tricolore amorcera le calendrier régulier contre les Maple Leafs. D'ici là, l'arrière qui amorce sa quatrième saison avec le Canadien, sa sixième dans la LNH, entend chasser quelques craintes de son esprit. Les premières se sont envolées samedi lors du premier match simulé. Les rencontres préparatoires, des parties au cours desquelles de réels adversaires le ménageront moins que ses coéquipiers, viendront à bout des dernières.

Pour l'instant, tout va bien. Les ligaments rattachés en janvier sont d'ailleurs tellement solides que James Andrews, le chirurgien orthopédiste américain qui a pratiqué l'intervention, a confirmé à Gorges qu'il pourrait dorénavant se passer du support qui protégeait son genou droit depuis sept ans.

«Je me suis habitué à cette pièce d'équipement. Le support n'est peut-être plus nécessaire pour le genou, mais il raffermira ma confiance. Ce qui est très important. Du moins pour le moment», a lancé le défenseur, croisé dans le vestiaire du Tricolore, samedi à Brossard.

Négociations difficiles

Si la blessure au genou de Gorges est complètement cicatrisée, il en va autrement pour celle laissée par les négociations qui se sont soldées par sa mise sous contrat à l'été. Des négociations beaucoup plus longues et ardues qu'il les avait anticipées.

Gorges est loin de se plaindre. Après tout, il touchera 2,5 millions cet hiver. Mais l'arrière s'attendait à plus. Il s'attendait à signer une entente à long terme au lieu d'apposer sa signature au bas d'un contrat d'une seule saison.

Il a accepté ce contrat avant de faire face au Canadien en arbitrage. Il tenait à éviter cette procédure, car elle prépare plus souvent un divorce qu'une association à long terme. Et Gorges refuse d'envisager le divorce.

Après une entrée en scène discrète - il a été acquis des Sharks de San Jose avec un choix de première ronde qui a permis au Tricolore de sélectionner Max Pacioretty en retour de Craig Rivet en 2007 -, Gorges s'est élevé au rang de leader à Montréal. Autant sur la glace, où l'énergie et le courage déployés font contrepoids à un talent modeste, qu'une fois au vestiaire, où ses propos sont non seulement entendus, mais écoutés. Identifié comme un éventuel capitaine, Gorges a plusieurs fois répété vouloir terminer sa carrière à Montréal.

C'est d'ailleurs avec un oui rapide et sec qu'il a répondu lorsque je lui ai demandé s'il avait réussi à surmonter les contrecoups des négociations estivales.

Au fil de la discussion, ce oui a ensuite ramolli. La déception a finalement pris le dessus. «Je croyais que ça irait vite. Que mon contrat serait l'un des premiers à être réglé. Pierre Gauthier [directeur général du Canadien] a été très honnête. Il m'a demandé de démontrer que l'opération n'avait pas laissé de séquelle avant de parler de long terme. D'un côté, je comprends. C'est une question d'affaires. Mais je mentirais si je n'admettais pas que cela m'a chamboulé au cours de l'été. Mais je tiens toujours à demeurer avec le Canadien et ses partisans pour le reste de ma carrière.»

Arme à deux tranchants

Même si Pierre Gauthier a couru un risque bien plus grand en s'associant avec Andrei Markov pour trois ans (16,5 millions), la prudence affichée à l'égard de Gorges est compréhensible. Elle pourrait toutefois lui sauter au visage.

Si le Canadien et Gorges ne s'entendent pas sur les modalités d'un contrat à long terme, le défenseur profitera de sa pleine autonomie le 1er juillet prochain.

À moins qu'un lock-out ne paralyse les activités de la LNH. Ce qui n'est pas exclu.

Mais si un tel conflit est évité, que le genou de Gorges est aussi solide qu'il en a l'air et qu'il redevient le défenseur honnête et estimé qu'il était avant l'opération, plusieurs équipes s'intéresseront à lui. Quand on considère que James Wisniewski - un joueur plus flamboyant, mais pas nécessairement beaucoup plus important que Gorges - a touché 33 millions pour six ans à Columbus, la facture que refilera Pierre Gauthier à Geoff Molson pourrait alors être pas mal plus élevée qu'elle ne l'aurait été en juillet ou août derniers.

Enjambées rassurantes

Après avoir fait l'équivalent du tour de la terre en vélo stationnaire en compagnie d'Andrei Markov l'hiver dernier, Josh Gorges est prêt pour l'action. La vraie. Même s'il a été le premier à être opéré, Markov pourrait rater le début de saison.

«Je ne comprends pas. Tout l'hiver, c'est mon genou qui enflait au moindre effort alors que celui d'Andrei répondait très bien. Je sais que les partisans s'inquiètent. Mais Andrei est une force de la nature. Il nous rejoindra rapidement. Cela dit, on est mieux de l'attendre un peu et de le ravoir pour de bon que de courir quelque risque que ce soit», a lancé un Gorges rassurant.

Un Gorges qui a pris du coffre au fil des derniers mois.

«Je n'ai ajouté qu'un kilo et j'ai abaissé mon taux de gras de 1%. Mais je suis en grande forme. Cet été, j'ai beaucoup couru. En plus d'aider au niveau cardiovasculaire, on dirait que chaque fois que mon pied droit frappait l'asphalte, cela me convainquait un peu plus que mon genou était guéri. Au nombre de fois que c'est arrivé, il doit vraiment être guéri...»

Photo: André Pichette, La Presse

Josh Gorges aimerait terminer sa carrière dans l'uniforme du Canadien.