Madame Lise se demande si la récente transaction d'achat d'actions de Teck Cominco effectuée par la Caisse de dépôt et de placement peut être considérée comme une transaction d'initié suffisamment significative pour constituer un signal d'achat.

Michel Girard

Madame Lise se demande si la récente transaction d'achat d'actions de Teck Cominco effectuée par la Caisse de dépôt et de placement peut être considérée comme une transaction d'initié suffisamment significative pour constituer un signal d'achat.

Rappelons les faits. La Caisse a acheté le 15 juin dernier un lot de 19 500 actions B de Teck Cominco, au prix de 49,61$, pour un débours de 958 620$. Cet achat porte à près de 5,37 millions le nombre d'actions de catégorie B [[|ticker sym='T.TCK.B'|]] que la Caisse détient de cette multinationale de Toronto.

Ajoutons à cela, selon la circulaire de mars 2007 de la direction de Teck, un bloc de quelque 1,59 million d'actions de catégorie A [[|ticker sym='T.TCK.A'|]]. Au total donc, la Caisse détiendrait dans son gigantesque portefeuille des actions de Teck Cominco pour une valeur dépassant quelque peu les 330 millions de dollars. Ce qui constitue en soi un des gros placements de la Caisse.

Par rapport à la position rapportée dans son rapport annuel du 31 décembre dernier, la Caisse se trouve ainsi à avoir augmenté sa position de quelque 262 300 actions dans Teck Cominco. Ce qui représente un investissement supplémentaire de 12,3 millions de dollars dans le portefeuille de la Caisse.

Revenons à la question de madame Lise. L'achat de 19 500 actions additionnelles de Teck Cominco que vient de réaliser la Caisse de dépôt et de placement à titre d'initié représente-t-il un signal d'achat?

La réponse est non.

Quand je fais référence à des transactions d'initiés susceptibles de servir de signal d'achat, je mise strictement sur celles effectuées par des individus occupant des postes-clés, comme les dirigeants et les administrateurs d'une entreprise inscrite en Bourse.

Les transactions d'achat réalisées par les caisses de retraite comme la Caisse de dépôt et de placement ne comptent pas parce que l'argent investi dans les entreprises n'est pas celui des gestionnaires mais plutôt celui des «clients-déposants».

Quand un initié investit de sa poche une grosse somme d'argent dans une entreprise, c'est parce qu'il est convaincu de faire un coup d'argent.

Quand une caisse de retraite ou un fond commun investit dans une entreprise, elle veut certes également réaliser un coup d'argent. Mais ses achats peuvent être motivés par d'autres raisons, comme rééquilibrer un portefeuille, augmenter la position en raison des perspectives positives de croissance de revenus et de bénéfices, etc.

Maintenant, mieux vaut un achat de la part d'une caisse de retraite qu'une grosse vente. Cela soutient mieux le titre.

Quoi qu'il en soit, Teck Cominco se retrouve régulièrement dans la machine à rumeurs des grandes entreprises susceptibles de faire l'objet d'une éventuelle fusion ou acquisition dans le secteur minier. Teck Cominco fait d'ailleurs partie de la liste des entreprises chez qui les conseillers Robert et Dominic Hurtubise, de valeurs mobilières Banque Laurentienne, ont repéré dans le passé des transactions d'achat de la part d'initiés.

Teck possède des intérêts dans des mines productrices d'or, de cuivre, de plomb, de zinc, de niobium et de charbon. Chiffre d'affaires annuel: 7 milliards de dollars. La société a déclaré en mars dernier un bénéfice net de 2,3 milliards.