Clément Morin a été exemplaire dans le processus de transfert de son entreprise. De concert avec ses fils Guy et Marco, il s'y est pris 10 ans à l'avance. Bref, les Morin avaient tout prévu. Enfin, presque tout. En 2002, soit deux ans après avoir pris le contrôle de la PME familiale, les frères Guy et Marco Morin ont frappé un mur : le marché américain du meuble, où ils vendaient 40 % de leur production, s'est écroulé.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale LA PRESSE

Heureusement, les frangins avaient un plan. Bien sûr, leur père Clément, qui demeure à ce jour président du conseil, les a aidés. Mais Guy et Marco ont prouvé qu'ils pouvaient se sortir eux-mêmes du bourbier. Pas question que Giguère-Morin, l'un des plus importants employeurs de Saint-Félix-de-Kingsey, disparaisse. Le duo d'entrepreneurs a complètement changé ses stratégies d'affaires et a revu ses processus de production.

«On a longtemps dit non à plusieurs clients, car on misait surtout sur les gros volumes. Quand le marché américain s'est évaporé, on s'est dit : il faut commencer à dire oui. On a baissé les volumes. On fait même de l'unitaire sur mesure. Le marché du bas volume est un marché de spécialité qui nous permet de nous différencier des produits asiatiques», explique Guy Morin, vice-président aux finances et à l'administration.

Giguère-Morin fabrique des composantes pour les meubles en bois franc. Sa spécialité : les tables (tablier, coulisse, ceinture, etc.). La PME de 80 employés a connu une forte croissance entre 1990 et 2002, période durant laquelle Guy et Marco Morin, se sont joints à leur père dans le but avoué de prendre sa relève.

En 2002, au faîte de sa gloire (110 employés et un chiffre d'affaires de 14 millions $), l'entreprise s'est fait couper l'herbe sous le pied par les importations en provenance de l'Asie. Jusqu'en 2008, la PME a trimé dur pour s'en sortir et se tailler une place au soleil. Prochain défi des frères Morin : continuer de développer le sur-mesure, notamment dans le monde architectural.