Ludik, c'est un logiciel montréalais de gestion des loisirs utilisé par bon nombre de villes et de centres sportifs de la province. C'est grâce à lui si on ne retrouve pas un tournoi de hockey cosom et un groupe de yoga au féminin dans le même gymnase, à la même heure et le même jour.

Publié le 21 sept. 2015
Simon Lord LA PRESSE

Plus précisément, le logiciel permet aux responsables des loisirs municipaux de gérer les horaires des activités, la location d'équipements ainsi que l'utilisation des salles et des terrains.

Ludik est pratique pour les citoyens, qui ont accès à l'autre côté de la plateforme. Ils s'en servent pour connaître les sports et loisirs offerts dans leur ville, qu'il s'agisse d'activités organisées par la municipalité ou par des organismes tiers.

«Les villes n'offrent que 20 % de toutes les activités disponibles sur leur territoire. Le reste est offert par des organismes externes comme des groupes de nage synchronisée», explique Doryne Bourque, vice-présidente aux solutions municipales chez ACCEO, la firme qui commercialise Ludik.

Le logiciel recense et regroupe toute cette offre et l'affiche sur le site web de la ville. Les citoyens peuvent donc avoir une vue d'ensemble de tous les sports et loisirs offerts dans leur municipalité.

Et l'offre de loisirs, pour une ville, c'est un excellent élément de marketing.

«C'est une valeur qui lui permet de se distinguer des autres pour croître et attirer des citoyens, explique Doryne Bourque. Si vous cherchez une municipalité où installer votre famille, vous choisirez peut-être la ville X si son offre de loisirs est meilleure que celle de la ville Y.»

Le loisir de croître

ACCEO a acquis Ludik en 2012 de la Société de gestion du réseau informatique des commissions scolaires (GRICS). Une bonne décision, juge Doryne Bourque.

«Comme le logiciel a été développé en partenariat avec les grandes villes, dans les années 90, il répond très bien à leurs besoins, estime-t-elle. La richesse fonctionnelle est nettement en avance sur les autres produits de loisirs sur le marché québécois.»

La firme de Montréal continue de prêter oreille aux besoins des villes. «Depuis deux ans, on a par exemple ajouté des fonctionnalités pour permettre la location d'équipements à l'heure ou à la journée. C'est un besoin important qu'elles avaient exprimé.»

Actuellement, la majorité des grandes villes de la province se servent de Ludik, affirme Doryne Bourque. Elle mentionne Montréal, Québec, Longueuil, Sherbrooke, Gatineau et Lévis. Des villes de taille moyenne, comme Saguenay ou Sainte-Julie, l'utilisent également.

Bien que Ludik ne soit utilisé qu'au Québec pour l'instant, ACCEO prévoit commercialiser son logiciel dans le reste du Canada, puis dans le reste du marché nord-américain d'ici trois à cinq ans.

«Nous sommes en train de transformer le logiciel, dit Doryne Bourque. Les loisirs sont un domaine de forte croissance et le Québec est un petit marché. On doit donc viser plus grand pour continuer de croître.»

En chiffres

20: Employés d'ACCEO assignés aux logiciels de loisirs

2012: Acquisition de Ludik par ACCEO

4 000 000: Citoyens québécois rejoints à travers les produits de loisirs d'ACCEO.

Fini la file et le cartable

À Sainte-Julie, une ville de 30 000 habitants de la Montérégie, Ludik permet de réaliser plus de 10 000 inscriptions par année aux activités municipales. Il assure aussi le suivi des équipements prêtés. C'est mieux que l'ancienne méthode - le cartable de prêt.

« C'est plus efficace. Les citoyens y gagnent aussi parce qu'ils peuvent s'inscrire en ligne depuis l'automne 2010. Ils n'ont qu'à aller sur notre site web et à entrer dans la salle d'attente virtuelle en attendant l'heure du début des inscriptions », explique Louise Lanciault, directrice adjointe au service des loisirs.

Auparavant, ils devaient plutôt faire la file dans un bureau municipal en attendant le début de la période d'inscription.

«En 2003, on a commencé à utiliser Ludik, raconte Louise Lanciault. Quand nous avons investi dans le logiciel, nous savions que nous pouvions faire des gains, être plus efficaces et offrir un meilleur service.»

Ludik est aujourd'hui le principal outil du service des loisirs de Sainte-Julie. C'est avec ce logiciel que le personnel assigne les différents espaces aux divers groupes. Sans cette application, la tâche serait complexe.

«On a des gymnases, des terrains de soccer, des locaux, des glaces, des tentes, des télévisions ainsi que des équipements de scène, et il faut louer tout ça à plus de 60 organismes sur notre territoire», explique Louise Lanciault.

Les organismes sont très différents. Ils vont du carrefour familial au regroupement de la FADOQ en passant par le Club Optimiste. La majorité est de nature communautaire ou sportive, mais il y a également des organismes qui ont une vocation culturelle.

«On peut donc inscrire à l'horaire, dans Ludik, que le terrain de soccer sera utilisé mercredi, de 5h à 8h, pour une partie de soccer à sept joueurs.»

Ça permet alors d'éviter de jouer à un nouveau sport - le soccer à quatre équipes - sur le même terrain.

PHOTO CAPTURE D'ÉCRAN SUR LE SITE DE LA VILLE SAINTE-JULIE

L'inscription en ligne aux activités de la ville de Sainte-Julie se fait sur la plateforme Ludik.