Les chefs d'entreprises que nous avons consultés ont tous une large part d'employés issus de la génération (personnes nées entre 1980 et 1999).

Guy Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

Et à écouter ces dirigeants, les Y au boulot sont un vrai mystère: ils veulent de la liberté, mais un solide encadrement; ils cherchent à s'identifier à l'entreprise, mais le boulot n'est pas leur priorité; ils exigent de la formation et du coaching, mais peuvent vous laisser tomber au bout de trois semaines si malgré tout ils ne sentent pas heureux.

Que faire pour que mes Y soient productifs?

«La génération Y, ça se gère exactement comme toutes les autres, lance Steve Couture, président de Frima Studio de Québec, qui conçoit des jeux vidéos. Ce qui distingue ces jeunes, c'est que le travail n'est pas leur seule source de satisfaction dans la vie. Et comme ils sont compétents dans des domaines où la demande pour leur compétence dépasse largement l'offre, ils ont le choix de partir quand ils ne sont pas contents.»

Richard Poulin, patron de Komutel, est d'accord. «Ils cherchent l'équilibre entre leur jeune famille et le travail, constate-t-il. Ils sont aussi compétents et ont de l'appétit pour l'autonomie. Mais le paradoxe est que souvent nous leur offrons leur premier emploi et qu'ils sont terriblement inquiets.»

Encadrement et coaching

Les Y aiment recevoir un code d'employés qui comporte une certaine flexibilité.

«Chez Cyber Génération, raconte Stéphan Lestage, patron de la boîte, l'employé et son chef d'équipe décident du télétravail. Et de la semaine de 4 jours. Cette souplesse compte beaucoup pour les Y.»

Mais, en même temps, les Y veulent être encadrés. Richard Poulin leur offre, d'entrée de jeu, un plan de formation et du mentorat pour faciliter leur intégration rapide et l'atteinte de niveaux de productivité intéressants.

«Ils ont besoin d'être sécurisés, sinon, ce n'est pas compliqué: ils partent!», dit-il.

Steve Couture, lui, a poussé l'imagination très loin pour stimuler et satisfaire ses Y.

«L'horaire flexible, c'est la pointe de l'iceberg, précise-t-il. On paye la passe d'autobus, on loue la voiture communautaire. À l'atteinte ou au dépassement du seuil souhaité de performance, on fournit gracieusement pour une journée ou deux la femme de ménage, la gardienne d'enfants, le chef cuisinier ou le jardinier. Et, évidemment, il y a un jeu de baby-foot dans le bureau.»

De plus, ajoute-t-il, si on estime que l'employé Y a une idée pouvant éventuellement devenir rentable pour l'entreprise, on lui dégage une demi-journée par semaine pour développer l'idée.

«Et si ça devient un nouveau produit, on partage les bénefs avec lui ou elle», explique M. Couture.

Diable! Que sera-ce avec la génération Z?