Une petite entreprise de Longueuil voit grand: si elle s'entend avec la Chine, elle numérisera plus d'un million de livres. Pas mal pour une nouvelle boîte.

Mis à jour le 19 sept. 2012
Marie-Pier Duplessis, collaboration spéciale LA PRESSE

Fondée il y a à peine un an, Numérizar a le vent dans les voiles... et les ambitions d'un géant de l'industrie. La petite entreprise d'à peine quatre employés, qui fait dans la numérisation de livres et les services d'agrégation, se dit déjà prête à détrôner ses concurrents américains et à faire de Longueuil «le petit Silicon Valley du livre électronique».

Ce qui, au départ, n'était qu'une «erreur de parcours» - Rosa Margarita Rosario-Jaquez était sans emploi quand un ami, docteur en psychologie, lui a demandé de l'aide pour diffuser son livre sur le web - s'est rapidement transformé en réussite.

Appuyée par le Centre local de développement et son mari, Gene Dion, la nouvelle femme d'affaires a mis sur pied son entreprise et misé sur son expérience en informatique pour offrir un service optimal aux maisons d'édition. Alors qu'elle se donnait trois ans pour numériser de 30 000 à 40 000 livres, elle a atteint son objectif en moins d'un an.

«On est en tractation avec la Chine en ce moment. Si on s'entend, c'est un million de livres, juste pour une maison d'édition, signale M. Dion, vice-président de Numérizar. Ces gens-là travaillaient avec des Américains et quand ils ont su ce qu'on fait, de quelle façon on le fait et l'avantage qu'on a à le faire, là ils sont prêts à virer tout leur catalogue chez nous. J'espère avant la fin de l'année être en Chine pour signer des ententes.»

Naturellement, un tel contrat demanderait énormément de main-d'oeuvre supplémentaire. «On parle d'un contrat de plusieurs années. Un million de livres, ça peut représenter au-dessus d'une centaine d'employés à plein temps sur une période de deux ans, juste pour faire le contrôle de qualité.»

La plus grande bibliothèque du monde!

Or, il ne s'agit pas du seul projet de grande envergure de Numérizar. Le couple travaille présentement à la fondation de la plus grande bibliothèque numérique au monde. «On est en pourparlers avec la Ville pour l'implantation d'un projet-pilote à Longueuil. Ce serait du jamais vu, quelque chose qui dépasse de loin ce qui se voit en ce moment.»

Comme l'idée n'en est qu'au stade des balbutiements, M. Dion préfère garder les détails pour lui. «Ce serait plus qu'un entrepôt. Il faut dire qu'il y a des familles qui ne peuvent pas se payer des tablettes numériques, alors ça serait le fun que les gens puissent avoir accès à ça dans une bibliothèque locale.

«Ça serait le fun aussi que dans des environnements comme ça, on puisse faire la promotion des éditeurs locaux, pour encourager l'économie locale. Parce que c'est bien beau d'exporter, mais on a des gens qui achètent ici aussi.»

Un projet à suivre...