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Ingénieurs-conseils

Des entreprises ciblées par des chasseurs d'aubaines

«Je veux garder le siège social au Québec»,... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Je veux garder le siège social au Québec», affirme Kazimir Olechnowicz, PDG de CIMA+.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

Des acheteurs de l'extérieur du Québec, flairant la bonne affaire, rôdent avec plus d'insistance autour de certaines grandes firmes québécoises de génie-conseil, dans la tourmente depuis les révélations troublantes devant la commission Charbonneau.

«Plusieurs firmes d'ici reçoivent des appels téléphoniques de la part d'acheteurs qui s'imaginent pouvoir acheter au rabais», confirme Johanne Desrochers, PDG de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ).

«Nos entreprises se font dire: «On va vous acheter, ça va régler vos problèmes, mais on ne peut pas payer cher parce que vous n'avez pas de projets» », ajoute-t-elle.

Ces chasseurs d'aubaines sont européens, américains et même canadiens. Ils cherchent à mettre la main sur l'expertise des firmes convoitées, tout en ayant la conviction, ajoute Mme Desrochers, qu'ils ont la possibilité de le faire à moindre coût.

«Ce n'est pas d'hier que nos firmes sont sollicitées pour des raisons de compétences et de situation géographique, dit-elle. Mais là, les raisons qui poussent ces acheteurs sont plus motivées par ce qu'ils ont entendu devant la commission Charbonneau.»

Ces mêmes acheteurs sont parfaitement au courant du fait que leurs cibles québécoises sont désormais soumises à de nouvelles règles du jeu depuis l'adoption, il y a un peu plus d'un an, de la Loi sur l'intégrité en matière de contrats publics. Ainsi, pour avoir le droit de soumissionner à des contrats publics, elles doivent avoir en main leur certification de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Des choix à faire

Si on veut conserver ces firmes, il faudra, selon Johanne Desrochers, leur donner l'occasion de démontrer leur bonne volonté. «Ça signifie: leur donner accès aux contrats publics, dit-elle. Autrement, on a un problème.»

Les firmes ont aussi des choix à faire, ajoute-t-elle. «Ça peut passer par un réinvestissement dans l'entreprise, avec l'argent des actionnaires, par exemple. C'est une des façons de montrer qu'on veut continuer de grandir au Québec et de conserver son expertise ici.»

Tout en admettant que la dernière année a été particulièrement éprouvante, la dirigeante croit que les choses vont rentrer dans l'ordre «plus vite qu'on pourrait s'y attendre».

Elle ne va pas jusqu'à dire que les offres d'achat de firmes québécoises vont cesser du jour au lendemain. «Mais j'ai la conviction qu'on ne tentera plus d'acheter nos firmes pour une bouchée de pain en misant sur leur vulnérabilité passagère», indique-t-elle.

Des offres tous les mois

Le PDG de CIMA", Kazimir Olechnowicz, confirme que les acheteurs rôdent dans les parages. «C'est clair qu'ils pensent tirer avantage des occasions, dit-il. Quand une entreprise connaît des moments difficiles, sa valeur est moins élevée, il n'y a pas de doute là-dessus. Ils s'imaginent que c'est le temps d'acheter.»Le grand patron affirme recevoir «tous les mois» des appels de firmes d'ingénieurs-conseils de l'Angleterre, de l'Australie ou encore des États-Unis qui souhaitent lui faire une proposition.M. Olechnowicz n'a pas l'intention de vendre. «On est en train de traverser la crise et on va continuer de grandir avec nos employés, dit-il. On commence à voir la lumière au bout du tunnel.»




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