Au dernier trimestre de 2012, les locataires d'espaces de bureaux du centre-ville de Montréal ont été très gourmands. Ils ont loué plus de 365 000 pi2 d'espaces disponibles, plus que dans tout le reste de l'année. À la fin de 2012, seulement 4,3% des espaces de bureaux du centre-ville étaient inoccupés. C'est ce qui ressort du Tableau de bord du marché de bureaux du centre-ville de Montréal, réalisé par la firme Colliers International.

Guy Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

«La demande pour les bureaux de prestige reste ferme et explique en partie cette gourmandise, note Jacques-Yves Bouchard, analyste à la recherche chez Colliers. En fait, dans la catégorie la plus élevée, AAA, bureaux pour sièges sociaux d'entreprises internationales, il ne reste plus rien à louer dans le centre-ville. C'est assurément le moment opportun pour construire ce type de bâtiment. Les locataires signent déjà.»

Et qu'on ne s'attende pas à des transactions majeures entre promoteurs. «Ce n'est pas qu'il n'y ait pas d'acheteurs potentiels pour nos espaces de bureaux de prestige, constate James Papadimitriou, leader en droit immobilier au cabinet d'avocats McCarthy Tétrault. L'argent est là. Mais personne ne veut vendre.»

Pourquoi vendre, d'ailleurs, quand la rentabilité de l'investissement immobilier commercial augmente avec les mois qui passent? Durant les 18 derniers mois, toujours selon les estimations de Colliers International, le taux net de loyer au centre-ville est passé de 16,40 à 18,17$ le pied carré.

Toutefois, le coût des terrains est monté en flèche. «Dans les dix dernières années, la valeur foncière des terrains au centre-ville a crû beaucoup plus vite que le taux des loyers commerciaux, rappelle Christian Yaccarini, président de la Société de développement Angus. Par contre, les loyers d'habitation de luxe, eux, ont suivi une courbe fortement ascendante. Pour rester dans la zone de profits, les promoteurs favorisent donc de plus en plus le mélange bureaux de prestige et condos de luxe, comme la tour Aimia.»

Trois projets à surveiller d'ici 10 ans

Le projet Les Tours du Quartier des spectacles

Advenant sa réalisation, il s'agira de deux tours totalisant 1,2 million de pieds carrésd'espaces locatifs s'élevant au coin des rues Bleury et Sainte-Catherine. Canderel et le Fonds immobilier de solidarité FTQ, les deux promoteurs, ont assemblé deux terrains totalisant 90 000 pi2 pour bâtir les tours. Selon Normand Bélanger, président du Fonds, «la demande est forte».

La Vitrine de commerce mondial

Le Fonds immobilier de solidarité FTQ travaille à un autre projet de développement au centre-ville. «Ça pourrait éventuellement prendre la forme d'un grand immeuble de bureaux, reconnaît Josée Lagacé, directrice des communications du Fonds. Nous sommes à l'étape des discussions.» L'assemblage des 50 000 pi2 de terrain est complété près de l'intersection des rues Viger et Bleury.

Le 544, rue de l'Inspecteur

Autre projet du Fonds immobilier de solidarité FTQ, celui d'un vaste centre d'hébergement de données informatiques sur la rue de l'Inspecteur, près de la rue William, non loin de l'École de technologie supérieure. Le Fonds vise l'acquisition d'édifices de cinq étages dont on doublerait la superficie.