Tout se magasine. Les firmes et les conseillers spécialisés en gestion de patrimoine ne font pas exception. L'objectif : dénicher celui ou celle qui comprend nos besoins, qui peut y répondre et à qui on fait confiance. Comment trouver chaussure à son pied ?

Publié le 15 févr. 2016
Simon Lord LA PRESSE

« D'abord, il faut faire affaire avec des gens qui ont leur permis de l'Autorité des marchés financiers », dit Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées (IGOPP).

C'est la base.

Au-delà de cette nécessité élémentaire, il faut que le courant passe entre la personne qui s'occupera de notre argent et nous.

« La grande question, c'est de savoir qui va s'occuper de notre argent, qui sera cette personne », dit Michel Nadeau.

On peut donc faire affaire avec un indépendant ou avec la division de gestion de fortune d'une grande institution financière, explique-t-il. Mais il faut avoir une grande confiance en son gestionnaire.

La confiance est très importante, car les produits financiers sont souvent opaques pour quelqu'un qui s'y connaît peu en finance, explique Stéphane Chrétien, professeur de finance et titulaire de la chaire Groupe Investors en planification financière de l'Université Laval.

« Se faire expliquer en détail les lois fiscales, ou le fonctionnement d'un produit d'épargne, on n'a probablement pas trop envie de passer par là en tant que client. Rapidement, on va donc se fier à la capacité de notre gestionnaire à prendre les bonnes décisions. »

COMMENT TROUVER L'ÉLU ?

La démarche n'est finalement pas très différente de celle qui est suivie dans un contexte romantique.

Michel Nadeau estime qu'il doit y avoir une bonne chimie. On doit être à l'aise avec cette personne. Elle doit avoir un vécu, une expérience, une vision de l'investissement qui correspond à la nôtre. Il faut qu'elle nous écoute. Si on dit non à une de ses suggestions, ça doit rester non. Elle n'insiste pas.

« En amour, je crois qu'on doit rester fidèle. Dans le cas d'un gestionnaire de portefeuille, par contre, j'en prendrais deux. »

Cette stratégie permet d'avoir deux sons de cloche, de poser des questions, d'évaluer la qualité de l'écoute et des réponses.

« Votre gestionnaire travaille 40 ou 50 heures par semaine. Il a donc plus d'informations que vous sur l'investissement. Malgré tout, je crois que c'est très important d'avoir deux sons de cloche. » - Michel Nadeau, directeur général de l'IGOPP

Après un bout de temps, si on sent qu'on fait pleinement confiance à l'un des deux gestionnaires, on peut alors lui confier l'ensemble de ses actifs.

Il estime qu'il faut toutefois réfléchir à ce qu'on veut si on désire faire un choix de gestionnaire éclairé. Si on évite de se poser des questions, on risque d'être incapable de lui communiquer ses besoins.

Veut-on donc investir pour le court terme, le moyen terme, le long terme ? A-t-on besoin d'argent maintenant ou peut-on attendre cinq ans ? Quelle est sa tolérance au risque ? Sera-t-on capable de dormir si on investit dans telle ou telle entreprise ?

Si la chimie opère, il faut ensuite tenir compte de trois critères : le rendement, les impacts fiscaux et les frais de gestion.

« Les impôts, on veut naturellement en payer le moins possible. Pour évaluer les rendements, on peut les comparer avec les indices de marché », dit Michel Nadeau.

On veut également considérer les frais de gestion.

Une autre façon de s'assurer de faire un bon choix, c'est de suivre une recommandation, indique Stéphane Chrétien.

« Certaines associations professionnelles, par exemple, sont parfois associées avec une firme de gestion de patrimoine qui offre des produits ou des services financiers qui répondent aux besoins particuliers de ces professionnels », dit-il.

On peut aussi bien demander des références à des amis ou à des collègues.

« Au final, ce n'est pas de la chimie nucléaire, dit Michel Nadeau. Il faut chercher une personne qui a un jugement éclairé et qui va diversifier nos investissements. »

EN CHIFFRES 

Tendance mondiale en répartition de l'investissement pour les personnes à haute valeur nette*

27 % : Actions

26 % : Encaisse et dépôts

18 % : Immobilier

17 % : Revenu fixe

13 % : Investissements alternatifs

*Les personnes à haute valeur nette sont les gens qui ont plus de 1 million de dollars en actifs autres que leur maison et leurs biens de consommation.

Source : World Wealth Report