Les premiers pas en gestion du patrimoine

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«À la base, tout le monde a un patrimoine», précise Stéphane Chrétien, titulaire de la chaire Groupe Investors en planification financière à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval.

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Marc Tison
La Presse

Ce sont vos premiers pas en gestion de patrimoine?

Contrairement à ce que dit l'adage, ce premier pas peut très bien ne rien coûter.

Mais commençons par le commencement.

Avez-vous un patrimoine?

Selon la vieille acception, le patrimoine (du latin patrimonium, héritage du père) se définit comme l'ensemble des biens hérités de ses parents, et qu'on transmettra, espère-t-on, à ses descendants. On imagine tout de suite le manoir, ses dépendances, ses écuries.

Avec le temps, la notion s'est détachée du pater, pour se concentrer sur l'ensemble des biens, des créances et des obligations d'un individu, quelle que soit leur provenance.

Bref, comme le souligne Stéphane Chrétien, titulaire de la Chaire Groupe Investors en planification financière à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, «à la base, tout le monde a un patrimoine». Vous aussi, aussi petit soit-il.

Dès lors, il mérite d'être géré.

Ne vous laissez pas impressionner

La plupart des institutions financières affichent maintenant un service Gestion de patrimoine ou Gestion privée, voire les deux.

Ça fait chic, ça fait opulent, mais ne vous laissez pas impressionner.

«Nous, nous parlons de planification financière intégrée, décrit Stéphane Chrétien. Gestion de patrimoine est une formule beaucoup utilisée dans l'industrie. Le patrimoine est le terme un peu à la mode pour exprimer tout ça.»

La gestion de patrimoine couvre en effet les mêmes champs que la planification financière: la fiscalité, les assurances et la gestion des risques, les finances, les placements, la retraite, la succession et les aspects juridiques.

Nous nous préoccupons tous de ces questions, l'une après l'autre, tôt ou tard. La gestion du patrimoine - ou planification financière intégrée - consiste à les considérer ensemble et en continu, ou à tout le moins à intervalles réguliers. «Pour nous, c'est le mot "intégré" qui est important», insiste Stéphane Chrétien.

«Si on couvre tous ces angles, ça devrait permettre de mieux atteindre nos objectifs que si on le fait en silos, en regardant la gestion de l'actif sans tenir compte de nos assurances ou de nos droits successoraux.»

Petit patrimoine deviendra grand

Quelle est la bonne recette en gestion de patrimoine?

D'abord commencer à constituer ce patrimoine. Il n'est jamais trop tôt.

«Les études démontrent que plus on prend l'habitude d'épargner jeune, même si ce sont de petites sommes, mieux c'est», avise Stéphane Chrétien.

Micropatrimoine, microgestion.

«Quand on est plus jeune, ajoute-t-il, c'est davantage d'aide de gestion de dettes qu'on a besoin, plutôt que de services de retraite, même si tout ça se fait ensemble d'une certaine façon.»

Où chercher?

La gestion de patrimoine se pratique aussi à petite échelle.

«Lorsqu'on parle de gestion de patrimoine, pour moi, la planification financière s'adresse à tous», indique la planificatrice financière Nathalie Bachand, du cabinet Bachand Lafleur, groupe conseil, et présidente du conseil d'administration de l'Institut québécois de planification financière.

«Aussitôt qu'on a un petit peu d'argent, on aura besoin de conseils, poursuit-elle. Pour moi, ça s'appelle de la gestion de patrimoine. Et ces conseils, on peut les obtenir auprès d'un planificateur financier compétent.»

Commencez déjà par frapper à la porte de l'institution où vous détenez votre épargne, enregistrée (REER) ou non.

«Techniquement, dans une institution financière, les planificateurs financiers sont formés comme tels et ils devraient être en mesure de conseiller les clients, informe Mme Bachand. Et souvent, c'est gratuit parce qu'ils sont rémunérés sous d'autres modes.»

Pour les services un peu plus élaborés ou personnalisés - lesquels, dans les institutions, portent justement le nom de Gestion de patrimoine -, les références des proches sont souvent un bon point de départ.

«C'est une question de confiance, indique Stéphane Chrétien. Ce sera, par exemple, mon père qui fait affaire avec telle entreprise qui gère ses affaires depuis un certain temps, ou quelqu'un qu'on a connu aux études. Un lien de confiance est établi.»

Ce lien peut d'ailleurs aider à obtenir des services auxquels un faible capital - mais appelé à croître - n'aurait peut-être pas donné immédiatement accès.

Le titre fantôme

L'Autorité des marchés financiers (AMF) encadre toutes sortes de titres et d'appellations: courtiers en placement ou en épargne collective, gestionnaires de portefeuille ou de fonds d'investissement, cabinets en assurance de personne... Mais rien qui ressemble à la gestion de patrimoine. «On l'encadre indirectement, précise Sylvain Théberge, porte-parole de l'AMF. La gestion du patrimoine fait partie des tâches ou des responsabilités qui incombent aux planificateurs financiers dans les services qu'ils peuvent offrir à leur clientèle. Il n'y a pas de titre ou de spécificité qui s'appelle gestionnaire de patrimoine à l'Autorité des marchés financiers.»

Quelles vérifications faire?

Voici les recommandations de l'Autorité des marchés financiers (AMF)

> Le représentant est-il autorisé par l'AMF? Vous pouvez consulter le Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer, au www.lautorite.qc.ca.

> De quelle manière est-il rémunéré?

> Ses produits et services vous conviennent-ils?

> Travaille-t-il avec des clients de votre type?

> Comment compte-t-il vous aider à atteindre vos objectifs?

> À quelle fréquence et de quelle manière fera-t-il le suivi de votre dossier et vous en tiendra-t-il informé?




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