Le 24 janvier dernier, l'Université McGill et l'École de technologie supérieure (ETS) ont annoncé le lancement d'un tout nouveau programme conjoint de formation en aérospatiale. Il s'agit du Centre aérospatial de perfectionnement (CAPE). C'est un programme de formation continue que les deux institutions proposent aux professionnels et ingénieurs du domaine aérospatial.

Guy Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

Il s'agira de formations accélérées de 7 à 24 heures données soit à l'ETS, soit à l'École d'éducation permanente de McGill. Le premier de ces cours intensifs commencera le 18 mars 2013.

Certains cours seront donnés en team teaching par des professeurs provenant de chacune des institutions. D'autres seront confiés à des équipes formées de membres universitaires et de personnes provenant d'entreprises associées à l'initiative, comme Marinvent, société montréalaise spécialisée en ingénierie de systèmes. Les experts de Pratt&Whitney et de Bombardier y participeront aussi.

Le programme comporte une option rarement vue en ingénierie aérospatiale. Il s'agit d'une formation de base sur les outils légaux de protection de la propriété intellectuelle en génie aérospatial. Les 14 heures de cours sont données par 5 spécialistes de la firme Norton Rose Canada.

«Il existait déjà, à l'ETS comme à McGill et ailleurs, des cours destinés aux professionnels de l'industrie aérospatiale, reconnaît Hany Moustapha, directeur d'AÉROETS, branche aérospatiale de l'ETS. Mais en mettant nos ressources en commun, nous croyons offrir une palette de formations accélérées parfaitement adaptées aux besoins les plus actuels des professionnels de la grappe montréalaise de l'aérospatiale.»

Ces professionnels sont au nombre de 20 000 dans le Grand Montréal. Le développement extrêmement rapide des technologies de conception, de fabrication et de maintenance des aéronefs fait que les besoins de recyclage de tous ces gens sont constants.

ADN complémentaires

«Nos deux institutions étaient parfaites pour lancer le programme CAPE, estime Jean Colpin, conseiller industriel à l'Institut de génie aérospatial de McGill. Nous avons deux ADN complémentaires, particulièrement en génie aérospatial. À McGill, nous offrons une formation théorique et qui insiste sur la science fondamentale qui sous-tend le génie aérospatial. AÉROETS a une approche très pratique.

«Nous voilà donc équipés pour offrir le meilleur des deux mondes aux étudiants, qu'ils proviennent des milieux de la recherche ou de l'entreprise.»

AÉROETS, fondée en 2010, a depuis sa création une approche très terre à terre. Son directeur-fondateur, Hany Moustapha, a passé 35 ans de sa carrière chez Pratt&Whitney. «C'est sans doute pourquoi, chez nous, les étudiants au baccalauréat en génie aérospatial doivent faire trois stages en industrie et, chose unique, ces stages sont crédités.»

Six projets communs

Le programme CAPE n'est qu'un des six projets que lancent conjointement McGill et l'ETS dans le domaine aérospatial. Le 1er février dernier, les deux institutions ont dévoilé les cinq autres initiatives communes.

Hormis CAPE, qui est un programme de formation, il y a quatre programmes de recherche. Chacun d'entre eux fait appel à des experts des deux institutions d'enseignement supérieur. On travaillera sur les systèmes de propulsion intégrés, sur la formation des alliages de pointe en aérospatiale, sur les matériaux composites avancés et, enfin, sur le givrage aéronautique et une nouvelle génération de simulateurs.

S'agissant justement du givre, fléau que les voyageurs aériens montréalais ne connaissent que trop bien, les deux institutions en font leur sixième objectif commun. Elles vont créer le Laboratoire hybride de givrage aéronautique. Ce labo pourra tester des situations de givrage en temps réel, autant physiquement que par simulations virtuelles, d'où le terme «hybride».